L'école de Puceul d'après le souvenir des aînés

L’école à Puceul du XIXe au XXe siècles

 

Vers 1880?, il y avait deux écoles publiques, écoles de garçons à la Mairie, école de filles sur l’emplacement de la salle polyvalente.

Dans les années 1938-1939 ?, le terrain où s’est construite l’école St Joseph (d’une superficie de la moitié de ce qu’elle est actuellement) a été donné à la paroisse par la famille Bardoul.

Dans les années 1939-40, s’est construite l’école privée de filles avec deux classes.

L’enseignement était effectué par des religieuses.

Une cuisinière préparait les repas.

Il y avait un logement habité par les deux religieuses, jouxtant les classes.

C’était un conseil géré par la paroisse qui s’occupait de l’école.

Ce sont les habitants de la commune qui ont construit cette école.

Ils allaient chercher les pierres (de la « pierre bleue ») dans les carrières de Nozay. Ces pierres étaient transportées dans des charettes conduites par des bœufs ou des vaches.

Le curé Moreau est parti de Puceul vers 1940.

Le curé Guillet est arrivé à Puceul vers 1946.

Marie Sansoucy a donné le terrain jouxtant l’école de filles à la paroisse.

L’école privé de garçons s’est construite en 1947-48 (2 classes).

L’ouverture a eu lieu en septembre 1948 avec l’abbé Poitiers.

Il y avait une trentaine d’élèves par classe.

Ce sont des prêtres qui donnaient l’enseignement.

L’école publique (garçons et filles rassemblés, vers les années 1960 dans l’école de filles) a fermé dans les années 1965-67.

Des travaux pour l’agrandissement de l’école privée ont eu lieu dans les années 2000.

Propos recueillis par Danielle chrétien auprès de Raphaël Lebreton né en 1944 (élève à l’école  St Joseph en 1949, il avait 5 ans sur la photo ci dessous (tout en bas à droite) .

 

Ecole de Puceul 1948-49?
La nouvelle école privée à ses débuts

Les aînés se souviennent ...

Souvenirs de Jeannine Mahé (née Roussière 1931)

Il y avait à Puceul deux écoles, ça faisait une séparation au niveau des enfants.

Les enfants de l’assistance publique allaient à l’école de Jules Ferry.

Leurs vêtements n’étaient pas aussi choisis que ceux qui avaient leurs parents sur place.

Ils étaient placés dans des familles d’accueil, ce qui apportait une ressource supplémentaire.

Une petite fille avait dit à sa famille d’accueil : « Là au moins je mange. »

Nous, on ne roulait pas sur l’or, mais on avait ce qu’il fallait.

L’école privée a été créée par l’abbé Moreau vers 1940, jeune curé entreprenant et dynamique.

Avant cette époque les parents qui voulaient envoyer leurs enfants à l’école privée les envoyaient à Nozay ou dans les environs.

Pour faire les charrois de la construction, l’abbé a mobilisé tous les transports de la commune.

 

J’étais à l’école publique

J’allais à bicyclette à l’école, c’était les premières bicyclettes, tout le monde n’avait pas de vélo.

Pendant la guerre, on n’avait plus de pneus, on allait à pied.

L’école des filles était en haut près de la salle polyvalente.

Je revois le préau. Il y avait deux classes de filles. Un grand tilleul. Les WC au fond de la cour.

Plusieurs divisions dans chaque classe. Il n’y avait pas de suivi car les institutrices changeaient tous les ans.

On m’avait fait sauter une classe.

Ca m’a handicapé sur le plan du calcul. Je n’avais pas appris les multiplications dans la petite division.

Après, il y a eu l’école privée, j’ai changé.

J’ai eu une très bonne institutrice qui se donnait. Sœur jeanne.

Le reste de ma scolarité s’est passé pendant la guerre.

Les enfants des villes bombardées venaient se réfugier à Puceul.

Paul Canonnet et sa sœur ont été scolarisés à Puceul, pays natal de leur mère, dans la maison des grands parents.

 

Souvenirs de Paul Canonnet (Né en 1931)

Souvenirs de Paul Canonnet (Né en 1931)

Suite aux bombardements à Nantes, on est arrivés en 1942.

De 1942 à 1944, on était réfugiés chez les grands-parents. C’est là que j’ai été à l’école pendant deux ans à Puceul.

Pour aller à l’école, on prenait la route de Puceul, cela faisait 2 km.

Il n’y avait pas de véhicules pour nous transporter, on allait à pied.

On emmenait de quoi manger le midi. On mangeait sur le banc de l’école au fond, je me souviens très bien.

Quand il faisait mauvais on allait chez Marie de la forge. Elle nous prenait chez elle à manger.

On était quand-même pas mal !

Elle avait un café. Donc voilà, elle avait plusieurs tables. C’était quand il faisait vraiment mauvais ou l’hiver.

Autrement c’était sur les bancs.

A venir du Bouillon Jaune, il devait y avoir … Théophile Gaudin

Des gens étaient réfugiés chez Pierre Anizon à Malescot, y avait des refugiés, Carré, je crois qu’ils s’appelaient.

Peut-être Camille Roussière, Louis Anizon, Pierre Anizon sans doute.

On allait à l’école quelquefois ensemble, quelquefois comme cela.

Nous, avec Camille Roussière, on braconnait. On prenait des perdrix ou des lièvres, surtout des perdrix.

Le maître d’école nous avait demandé, ou on lui avait proposé, je n’en sais rien.

On allait relever les collets à perdrix le matin et je me souviens : est-ce qu’on lui vendait ou il nous les payait, je ne m’en souviens plus, mais je sais qu’il nous donnait une pièce toujours.

On arrivait quelquefois en retard, mais il nous disait trop rien.

Et on avait, je me souviens, des chaussettes en laine de mouton que ma grand-mère filait.

On allait dans les champs, minables on était. On rentrait à l’école comme ça, tout-boueux. On a bien rigolé

On était dans les classes près de la mairie, en rentrant dans la cour, la première classe à gauche.

Il y avait deux classes. Là, on a eu affaire à Mlle Martin, je me souviens, et à Lasker.

Il n’était pas facile mais avec moi, on n’a pas de mauvais souvenirs.

 

Cela devait être Debouté qui devait être maire, il avait une barbe !

Ma sœur allait à l’école des filles, plus haut, l’école des bonnes sœurs.

Dans l’école, il y avait un poêle à bois qu’on chargeait le matin, je ne sais même plus si c’est nous qui faisions cela.

Les jeux à l’école

On jouait aux billes. Il y avait des saisons pour jouer aux billes.

On jouait à la marelle, à s’attraper, à se faire des blagues surtout.

Souvenirs de Lucienne Massé (Née Lecoq en 1931)

Souvenirs de Lucienne Massé (Née Lecoq en 1931)

Pour l’école, j’avais des sabots avec du cuir et je portais une blouse.

J’ allais souvent à l’école à pied (3 km), quelquefois à vélo, avec René, celui qui deviendra mon mari .

C’ était un chemin épouvantable. On descendait par la bergerie. On tournait par les prés Flippe

 

Pour passer, l’hiver, Pierre Marchand était à nous attendre, il y avait plein d’eau sur la route.

Je suis venue à l’école à Puceul après avoir été à la Grigonnais.     J’avais de la peine à apprendre.

A Puceul, ils auraient du me garder aux récréations et le soir pour faire mes devoirs.

On écrivait avec des plumes.

Dans la cour on jouait aux palets. On jouait à la corde à 2, 3 ou 4 filles, (C’était une école privée de filles uniquement) .

C’est moi qui ai appris à mes petites filles à jouer  à la corde.

Souvenirs de Marie Gaudin (Née Anizon en 1933)

Souvenirs de Marie Gaudin (Née Anizon en 1933)

Oui, on a été à l’école en sabots.

Nous, les filles, on appelait cela les sabots hirondelles, parce que le dessus n’était pas plein, il y avait une bride en cuir.

On faisait quand-même nos deux kilomètres à pieds le matin.

Il y avait une petite paire de chaussons dedans, quand-même.

 

On avait des blouses. Les garçons c’était des blouses grises. Mais nous, les filles, c’était comme on voulait.

Il n’y avait ni forme ni couleur obligatoire. C’était tout simple.

Pendant la guerre on ne trouvait pas toujours ce qu’on voulait mais Maman s’est toujours débrouillée.

 

Sur le chemin de l’école on a eu de la misère quelquefois. On était toute une bande.

On était une bonne douzaine avec ceux de la Guillaudais.

Gabriel Guillemin, il coupait des ajoncs et alors il nous faisait courir avec cela. C’était un plaisir pour lui.

On avait le temps de se raconter des histoires. On a appris beaucoup de choses en allant et revenant de l’école.

Avec des gaillards comme cela, qui étaient au courant bien plus que nous.

J’étais à l’école des sœurs. J’en avait marre d’être tout le temps avec la même sœur, elle était pas commode.

C’était sœur Jeanne pour les grandes et Mlle Bidaud pour les petites.

Certaines l’appréciaient, moi je l’aimais moins bien. J’étais craintive, j’avais peur.

Rien que pour cela, je n’aimais pas l’école, à cause d’elle. J’aurais bien voulu changer de temps en temps.

Avant j’étais à l’école à la Grigonnais et je me plaisais bien à la Grigonnais. C’est peut-être le fait de m’avoir changé, cela m’a contrarié .

 

Je n’ai pas bien pris avec sœur Jeanne.

A l’école de Puceul, c’était bien comme bâtiments, c’était tout neuf.

Mais on était serrés pendant la guerre. On se partageait le bureau à deux et à trois.

On était vraiment serrés, pour écrire ce n’était pas facile. Dans la classe on était peut-être bien 40 sur des bancs bien serrés.

La cour n’était pas très grande, c’était toujours les mêmes jeux.

 

Souvenirs de Marie Retière (Née Durand en 1924).

Souvenirs de Marie Retière (Née Durand en 1924).

Notre habillement, c’était des blouses, des chaussettes jusqu’à Pâques.

Je portais des bottes à semelle de bois, en cuir, des sandales.

Les matières qu’on a maintenant n’existaient pas.

C’était revenu à la mode, les bottes à semelle de bois, pendant la guerre.

Il y avait des demi-comètes avec la bride en cuir. C’était plus facile à marcher avec.

Mais il y en a qui ont gardé leur gros sabots longtemps.

Il y avait la blouse pour tout le monde pour aller à l’école. La blouse du dimanche était un peu plus habillée que pour aller à l’école.

Sur la photo d’école, je porte une blouse à fleurs

De la Savinais, pour l’école, c’était pas compliqué.

On avait un petit chemin qui rejoignait le bois.

On allait à l’école par le bois avec mes frères.

Leur école était dans le bas, à la mairie.

 

Il n’y avait que l’école publique.

L’autre a été construite bien plus tard.

A l’école des filles, il y avait deux classes.

Pour les plus petits, une grande pièce et une autre plus restreinte pour les plus grands

Il y avait un poêle, à charbon, je pense.

Je ne me souviens pas avoir eu froid.

A l’époque de ma grand-mère, elle me disait qu’ils apportaient chacun son brin de bois.

Mais tous n’allaient pas à l’école.

Ma grand-mère était moderne, même si  elle avait gardé son costume qu’elle portait à l’époque.

Comme distractions, on faisait de la gymnastique, des parties de cache-cache, dans la cour,

Dans la cour il y avait un grand tilleul et un cerisier dans le fond du jardin.

Il y avait une parcelle de jardin autour du cerisier, plantée de fleurs  avec des légumes pour l’institutrice.

Chacun s’occupait d’un petit bout de jardin par équipe de deux : une grande et une petite.

Pas de cantine. On rentrait à la Savinais manger

Pour rentrer de jour, ceux qui habitaient l’Hôtel-Ferrand, à 5 kilomètres de l’école, l’hiver, ils partaient  une demi-heure avant nous.

 On était à l’heure du soleil, à plus forte raison.

Il y en avait, le midi, qui mangeaient leur casse-croûte sous le préau.

Mais souvent il y avait des épiceries ou d’autres trouvaient un coin pour manger au chaud chez quelqu’un.

Souvenirs de Marie Rocher. (Née Baguet en 1931)

Souvenirs de Marie Rocher. (Née Baguet en 1931)

Pour l’école, j’avais que la route à traverser, le poulailler se trouvait en face de l’école, aussi pas d’histoire à raconter sur le chemin de l’école.

 J’avais pas le temps de faire des conneries.

Je suis allé un an à côté de la salle polyvalente, la première école

L’école de maintenant a été faite sur du terrain à Soucy.

 C’est l’école des bonnes sœurs, les sœurs de la salle de Vihiers.

Le curé les connaissait, il était de par là-bas.

Pour nous faire l’école, elles étaient habillées en bonne soeur,

Des coiffes blanches jusque sur la poitrine, des robes noires.

L’une faisait l’école, sœur Jeanne, l’autre la cuisine, sœur Alberte.

Elle faisait bien la cuisine.

Les bonnes sœurs ne perdaient pas grand-chose.

Presque tous les enfants mangeaient là-bas

 

Les gens donnaient, du pain

Quand les gens tuaient un cochon, ils donnaient aux bonnes sœurs, du pâté, des saucisses, du boudin, un rôti, à l’école et au curé.

J’allais porter le lait à la cure, on le donnait la moitié du temps.

Souvenirs de Pierre Leroux. (Né en 1922)

Souvenirs de Pierre Leroux. (Né en 1922)

Je suis  allé à l’école de Puceul, à l’école laïque, car il n’y en avait qu’une.

J’avais un bon maître d’école. A douze ans, j’ai eu une pneumonie,

il m’apportait mes devoirs pour le certificat d’études, j’ai pas eu de retard.

Il était content et j’ai eu mon certificat d’études à douze ans.

C’était lui le secrétaire de mairie, mais il faisait tout à la mairie.

Monsieur Debouté .il n’avait pas d’enfant. Il habitait une maison où loge maintenant Jean Durand.

 

 Il faisait tout ce qu’il pouvait pour nous faire apprendre.

C’était un bon maître d’école, mais ceux qui faisaient des bêtises, il les mettait au piquet.

Un fois  une ballotte était passée par-dessus le mur.

On passait par-dessus le mur en faisant la courte échelle pour aller la chercher.

Chez Marie de la forge qui tenait un bistrot à côté de l’école, ça avait cassé des pieds de vigne.

Il y avait deux classes de garçons.

 

 On allait à l’école à pied, en sabot avec une bride en cuir.

Les comètes, toutes en bois, on ne les portait pas à l’école

Les  routes n’étaient pas goudronnées, il y avait même des chemins par endroit.

On avait les pieds trempés en passant par les « viettes ».

De l’Hôtel-Ferrand, ça faisait six kilomètres à faire.

L’hiver, on mangeait dans la classe, ou sous le préau, ou dans une maison dans le bourg.

 Notre manger était dans un panier : du pain, du beurre  et du lard.

Texte écrit par Jacqueline Durand ( courriel adressé le 16 11 2016)

Texte écrit par Jacqueline Durand ( courriel adressé le 16 11 2016)

A) Pendant la dernière guerre, sous l'occupation allemande, ma mère et moi étions réfugiées à Puceul.

Mes parents tenaient à m'envoyer à l'école publique. Les réfugiés de Nantes et de St Nazaire envoyaient leurs filles soit à l'école publique soit à l'école privée.

Le problème ne se posait pas pour les garçons : il n'existait pas, à l'époque, d'école privée de garçons.

L'école publique de filles était située près de la salle polyvalente. Nous étions environ vingt ou vingt cinq d'âges différents.

Notre institutrice, Madame Eluère se trouvait à la tête d'une "classe unique".

Les élèves qui habitaient loin apportaient leur déjeuner.

Je me souviens que la maman de Madame Eluère préparait une grosse marmite de soupe l'hiver, pour nous réchauffer.

Il fallait laver son assiette et les grandes grondaient les petites quand la vaisselle était mal faite.

C'est avec une certaine nostalgie que je pense parfois à ma première "maitresse d'école Madame Eluère.

B) Les années passent. Je suis rentrée à l'école normale d'institutrices de Nantes puis je suis partie en faculté pour devenir professeur.

Dans le dernier établissement où j'ai été nommée, j'ai fait la connaissance d'un jeune surveillant qui étudiait à l'école dentaire.

Un jour il me dit "vous savez, Madame, je connais très bien Puceul.

Je suis de l'assistance publique et j'ai été élevé dans une ferme pas très loin du bourg.

Je suis allé à l'école publique. Comme j'étais bon élève, mon instituteur a fait tout son possible pour que je poursuive mes études.

Il s'est occupé des papiers pour que j'obtienne des bourses et m'a réservé une place en internat.

Je luis serai toujours très reconnaissant.

Ce surveillant est devenu dentiste mais je ne sais pas où il exerce.

C'est dommage. Il aurait certainement pris plaisir à évoquer le souvenir de son "maitre d'école" de Puceul.

 

Souvenirs de Christiane Lebec sur Mélanie Mainguet (Née Salliot en 1914)

Souvenirs de Christiane Lebec sur Mélanie Mainguet (Née Salliot en 1914)

 

Mélanie est venue à la Bellière, elle avait onze ans.

A  guémené, elle allait à l’école à pieds, elle avait 7 km à faire.

Des fois, elle restait dans la famille, chez une de ses tantes. Elle restait, elle ne faisait pas la route tous les jours.

Après, elle est allée à l’école de Nozay, jusqu’à son certificat d’études. Sur le chemin de l’école.

Mélanie est allée à Nozay, à l’école privée Ste Marie. Elle allait en vélo, mais elle rentrait tous les jours.

Elle est allée à l’école jusqu’au certificat d’études à l’âge de treize ans.

Elle a passé le certificat de l’enseignement catholique et le certificat d’études primaires. Elle a les deux.

Elle a du le passer à Nozay. Mon grand-père a aussi eu son certificat d’études. Il a été le premier du canton.

Il avait du le passer à Guémené.

Maman se plaisait bien à l’école, mais elle a trouvé en arrivant à Nozay que la campagne était beaucoup plus avancée. Il y avait une nette différence. Cela tenait peut-être au fait que Nantes était plus près.

Mélanie est décédée après avoir fêté ses 100 ans.

Collectage de Jean Durand né le 20 mai 1927 à Puceul.

Collectage de Jean Durand né le 20 mai 1927 à Puceul.

« J'ai été à l'école, j'avais pas cinq ans.

La première année, j'ai pas eu tellement de chance parce qu'en sortant de l'école, j'ai été renversé par une bagnole, j'avais un bras de cassé.

A l'époque, il y avait une institutrice qui s'est bien occupée de moi. Elle était venue voir mes parents et leur avait dit : « Renvoyer le à l'école le plus vite possible, je le garderai dans la classe quand les autres seront en récréation. »

Elle me faisait attraper des rideaux pour que je redresse bien mon bras. Elle me faisait faire, elle-même, la rééducation. J'ai été deux ou trois ans, pas plus, dans la petite classe avec pour institutrice, Mlle Mellé.

Monsieur Débouté, lui, ensuite, m'a suivi dans la grande section.

J'ai des très bons souvenirs de l'un comme de l'autre.

Cette demoiselle Mellé s'est très bien occupée de moi et Monsieur Debouté était quelqu'un d'intègre. Il voulait vraiment faire réussir ses élèves.

J'avais douze ans et 3 jours quand j’ai passé. mon certificat d’études. Monsieur Debouté nous a emmené à Nozay, il avait une petite Peugeot (dans les premières qui sont sorties). On était trois à se présenter cette année là à Puceul.

Après, même quand j'ai fait mon service militaire, Monsieur Debouté s'est toujours intéressé à ce que je devenais. Je lui avais écrit une ou deux fois et il m'avait répondu.

Le devenir de ses élèves était très important pour lui.

Près de la mairie, il y avait deux classes : une de petite section et une de grande section.

Il y avait seulement 500 habitants environ à Puceul. La classe devait comprendre un trentaine d'élèves environ, mais je n'en suis pas très sûr.

Le trajet de la Savinais à l'école se faisait à pieds et on trouvait, à l'époque, qu'on n'avait pas assez loin.

On revenait manger le midi mais on tachait de rentrer vite pour jouer avec les vieilles charrettes ou les roues qui se trouvaient dans le bas du bois. Il y avait environ cinq cents mètres pour venir à l'école de la Savinais.

L'hiver on avait des chaussures montantes à lacets et l'été des sandalettes. Sur la photo je porte une blouse et on avait des culottes courtes.

Dans la salle, il y avait un poêle et le bureau du maître qui était aménagé entre deux tables au milieu de la rangée avec une vue sur toute la classe. »

« Pour ceux qui étaient pas mal dissipés, il attrapait un livre et le jetait par terre en disant « rapporte-le livre ». Cela suffisait, il ne battait jamais ses élèves. La Punition était suffisante.

Il y avait un tableau noir, une carte de l'Europe, et un globe-terrestre, il me semble. Tout le monde avait une ardoise, avec un crayon d'ardoise. On travaillait beaucoup sur l'ardoise.

Et toutes les semaines, on avait au moins une rédaction. Le maître décrivait en quoi cela consistait. C'était bien. J'ai de bons souvenirs de cela. Je les réussissais bien aussi. Il était bien Monsieur Debouté. »

En témoigne le cahier de rédaction de Jean au jour du 23 Novembre 1937 ou figure la mention bien dans la marge de la page (Jean avait dix ans). Dans ce cahier de rédaction il n'y a pas beaucoup de fautes.

« On avait la dictée tous les jours, on faisait beaucoup moins de fautes que maintenant. Et dans la matinée il y avait un problème de mathématique à résoudre, mais c'était pas mon fort.

Il fallait également réciter les leçons le matin.

L'après-midi, il y avait toujours une dictée. Monsieur Débouté suivait les fautes qu'on faisait.

Il n'y avait pas de cantine, nous on rentrait, mais les autres avaient leur casse-croûte et ils mangeaient sous le préau.

A l'époque, il y avait une école publique de garçons et une seule école publique de filles.

L'école privée de filles a été créée plus tard. »

 

Extraits et cahier de Jean Durand