Bassins versants des rivières Chère, Don et Isac

La Chère au Bas du Tertre à Saint-Aubin-des-Châteaux

La Rivière du Don en limite du Grand-Auverné et de Moisdon-la-Rivière

La rivière Isac au Pont du Coguet à Saffré

Atlas des zones inondables du bassin versant des affluents de la VILAINE, la Chère, le Don et l’Isac par la méthode hydro-géomorphologique

Maître d'ouvrage : DIREN Pays de la Loire/Préfecture de Pays de la Loire

Comité de pilotage : DDE et DDAF de Loire-Atlantique, DIREN Pays-de-Loire.

Chef de projet : Véronique Durin

Expert : Laurent Mathieu

Novembre 2006

Concernant le Syndicat Chère, Don, Isac , voir l'article de l'éclaireur sur la reconquête de l'eau en Loire-Atlantique :  https://actu.fr/pays-de-la-loire/derval_44051/reconquete-de-la-qualite-de-l-eau-en-loire-atlantique-un-nouveau-lit-pour-un-ruisseau-de-derval_36733369.html

 

PRESENTATION DES BASSINS VERSANTS

Le périmètre d'étude est constitué par les bassins versants de trois importants affluents de la Vilaine que sont la Chère, le Don et l’Isac. Ce secteur recouvre une superficie de 2013 km2 dont la quasi-totalité se situe dans le département de la Loire–Atlantique à l’exception de zones ponctuelles qui recoupent les départements limitrophes de l’Ile et Vilaine (113 km2 du bassin versant de la Chère), du Maine-et-Loire (17 km2 du bassin versant du Don), et du Morbihan (10 km2 du bassin versant de l’Isac).

En l’absence de reliefs conséquents, les interfluves sont peu marqués. Il s’agit le plus souvent de petites collines d’altitude moyenne (80 à 90 m) qui encadrent les dépressions des vallées, comme celles situées au Sud de Fay-de-Bretagne qui déterminent la ligne de partage des eaux entre les bassins de la Vilaine et la Loire. Les autres limites d’extension sont : à l’Est de Saint-Julien-deVouvantes la forêt de Chanveaux ; et au Nord de Chateaubriant, les collines de la forêt d’Araize (80 m).

La Chère prend sa source sur la commune de Soudan au Nord de la forêt de Juigné, et parcourt 67 km avant de se jeter dans la Vilaine sur la commune de Pierric (à cote 3 mètres NGF). Sa pente moyenne est relativement faible (0.14 %) ce qui favorise un tracé en méandres accompagné d’un faible transport solide. Guidé par les caractéristiques géologiques et morpho-tectoniques régionales, son bassin versant présente une forme allongée que l’on peut qualifier "de type peuplier " (c'est-à-dire étiré, avec un réseau hydrographique secondaire de faible linéaire qui suit peu ou prou l’orientation du cours d’eau principal).                                   Parmi ces affluents, le ruisseau de l’Aron est le plus important (28 km), suivi des ruisseaux de Néant et de Pas Guillaume (respectivement 12 et 13 km).

Le Don prend sa source sur la commune de Saint-Michel de Chanveaux à 94 mètres d’altitude et parcourt 93 km avant de rejoindre la Vilaine à hauteur de Massérac. La pente moyenne de son cours est également faible (0.09 %) et son bassin versant présente des caractéristiques morphologiques très proches de celui de la Chère (à savoir très étiré et compact). La densité du réseau hydrographique est cependant plus importante que le cours d’eau précédent ; et, hormis ces deux principaux affluents que sont le Ruisseau le Cône et Ruisseau la Touche (d’une longueur respective de 28 et 17 km), il se caractérise par une multitude de petits drains secondaires dont la longueur ne dépasse pas 4 km.

L’Isac prend sa source à 45 m d’altitude sur la commune d’Abbaretz et se déverse dans la Vilaine 79 km plus loin à Théhillac. Ses caractéristiques morphologiques sont sensiblement différentes des cours d'eau précédents, avec un bassin versant beaucoup plus ouvert et évasé "en poire" alimenté par un réseau hydrographique dendritique. Il présente une pente moyenne extrêmement faible (< à 0,06 %) sur la partie naturelle de son cours jusqu’au niveau du lieu-dit "la Jossais" (aval de Saffré). A partir de ce point il longe le Canal de Nantes à Brest sur près de 7 km avant leur jonction à l’Ecluse du Gué de l’Atelier. A l’aval de cet ouvrage son tracé est donc entièrement canalisé avec un niveau régulé par une série de seuils et d’écluses.   Il reçoit les eaux de ses principaux affluents : le Plongeon, la Goujonnière, la Perche, le Guichardais, le Rozais et la Cave. A la suite de la construction du Canal, les eaux du Remauda ont été déviées de leur cours naturel (confluence avec l’Isac) pour confluer dans ce canal.

Bassin de la Chère

2.2.1.1 De la Source à Châteaubriant

La Chère prend sa source sur la commune de Soudan, en amont de la Rivière-sous-Bois dans un paysage vallonné. Elle a dégagé une petite vallée ouverte, dont le fond plat se raccorde en pente douce aux versants. Le plancher alluvial est constitué de matériaux issus des versants à peine remaniés par les eaux qui commencent à se concentrer. De quelques dizaines de mètres en aval de sa source, la vallée s’ouvre progressivement pour atteindre une largeur moyenne de 150 m sur ce tronçon.

Si les versants ont une certaine pente qui permet de bien les distinguer de la plaine inondable, il existe entre les deux une zone de transition plus qu’une limite marquée. Sur ce tronçon, le lit mineur est un petit fossé au profil rectangulaire ou trapézoïdal, normalement à sec pendant les périodes estivales, mais rapidement débordant lors des précipitations abondantes de l’hiver.

2.2.1.2 De Châteaubriant à St-Aubin-des-Châteaux

Sous-préfecture du département, Châteaubriant est implanté sur le cours de la Chère, à environ 12 km de la source. La ville constitue le principal enjeu du bassin versant et plus largement de la zone d’étude.

En amont, la plaine alluviale de la Chère, assez large, atteint près de 300 m, notamment du fait d’un raccordement très progressif en rive gauche entre le lit majeur et le substrat pliocène.

En aval du verrou engendré par l’affleurement d’un pointement rocheux en rive gauche, une large partie du centre-ville de Châteaubriant est construite dans la vallée de la Chère, au niveau de deux confluences : en rive gauche, le ruisseau de Rollard est partiellement recouvert en aval de la voie ferrée, en rive droite, le ruisseau de Choisel coule dans une petite vallée bien incisée avant de rejoindre en souterrain la Chère au niveau de la chapelle. […]

De Châteaubriant au Moulin Neuf où se dessine un verrou, la Chère s’écoule dans une large plaine régulière, inscrite entre des terrasses avec lesquelles elle se raccorde progressivement

2.2.1.3 De St-Aubin-des-Châteaux à la Hunaudière

Au droit de Meudais, la vallée s’infléchit vers le sud-est, pour pénétrer sur un substrat différent, plus résistant, dans lequel elle va s’encaisser profondément. La plaine alluviale étroite (environ 60 m) forme des petites « gorges » et peut donc connaître des hauteurs d’eau importantes. La partie aval de ses « gorges » est occupée en totalité par le lac du barrage de la Hunaudière.

Sur ce tronçon, la Chère reçoit son premier affluent important : le Néant. Il prend sa source au sud-ouest de Châteaubriant, dans l’Etang de la Courbetière […]

Ce n’est que quelques kilomètres avant la confluence que la vallée s’encaisse, en traversant le substrat résistant dans lequel la Chère a creusé comme des « gorges » plus au nord. […]

2.2.1.4 De la Hunaudière à la Robinais

En aval de la Hunaudière s’amorce un tronçon intermédiaire où la Chère s’écoule sur un substrat plus résistant au nord et plus tendre au sud. La plaine alluviale présente de ce fait un profil dissymétrique avec une limite de champ d’inondation plus nette en rive droite que sur la rive opposée.                Progressivement le fond de vallée s’élargit.

2.2.1.5 Du Robinais à la confluence de l’Aron

Ce tronçon assez court est caractérisé par une vallée parfois étroite, en liaison avec la traversée de schistes et grès plus résistants au niveau de Mouais. La vallée s’encaisse de nouveau dans l’encaissant d’environ 40 m.

Le plancher alluvial plat se raccorde d’une manière assez nette avec ces versants.

[…] La vallée elle-même décrit de plus vastes sinuosités, caractérisées par l’opposition classique de rive convexe en pente douce (d’où la présence d’un niveau de lit majeur exceptionnel et la conservation de niveaux de terrasses) et rive concave au talus abrupt (limite nette de la plaine alluviale).

La confluence avec l’Aron marque la transition progressive vers le tronçon aval de la Chère, où l’influence de la Vilaine commence à se faire sentir. La vallée s’ouvre très progressivement, sans jamais atteindre une largeur importante.

L’Aron est l’affluent le plus important de la Chère. Long de 26 km, cet affluent s’inscrit dans un substrat homogène qui se traduit par la formation d’une petite vallée encaissée et bien individualisée dans un paysage vallonné.

2.2.1.6 De la confluence avec l’Aron à la confluence avec la Vilaine

A partir de la confluence avec l’Aron, la vallée de la Chère adopte une direction et une morphologie régulière.

Jusqu’à Triguel, elle atteint environ 300 m de large. Grossie par les apports de l’Aron, puis du Pas Guillaume, la Chère devient plus dynamique.

Sur ce tronçon, la Chère reçoit son dernier gros affluent, le Pas Guillaume. Celui-ci prend naissance au sud de Derval, dans un relief faiblement dénivelé : le vallon est peu incisé, et ses limites sont peu nettes jusqu’au hameau du Pas Guillaume où il traverse un filon géologique résistant (pélites silteuses ardoisières) formant un verrou marqué. […]

En aval de Triguel après un dernier resserrement de la vallée lié à un pointement rocheux, la plaine aval de la Chère s’ouvre. Sur ce tronçon, les écoulements de la Chère sont directement sous influence de la Vilaine, qui peut d’ailleurs remonter dans sa vallée.

2.2.2 Bassin du Don

2.2.2.1 De l’étang de Maubusson à la Forge Neuve

A l’échelle du 1/25 000, le premier tronçon distingué correspond à ce qu’on pourrait appeler le Don amont. Sa configuration générale le caractérise des suivants par une vallée étroite, parcourue par un petit cours d’eau de faible importance. Néanmoins, les variations de lithologie du substrat permettent d’identifier 2 sous tronçons.

Jusqu’à St-Julien-de-Vouvantes, le Don parcourt en se dirigeant vers le sud-ouest un substrat exclusivement schisteux. Assez ouverte car les versants sont en pente douce, la vallée est constituée par un lit mineur et un lit majeur qui se raccorde immédiatement au versant, avec une zone de transition de quelques mètres.

Le lit mineur se présente comme un petit fossé rectangulaire, profond d’environ 1m à 1,20m, qui connaît souvent des assecs l’été, et se remplit facilement en hiver.

Le lit majeur, occupé par des prés, est sub-horizontal à proximité du lit mineur, mais voit sa pente s’accentuer dès qu’on s’approche des versants.

A St-Julien, le Don coupe perpendiculairement une faille qui sépare deux unités géologiques distinctes. L’affleurement localisé d’une poche de grès résistant engendre un relief plus marqué au niveau du village : celui-ci s’est ainsi installé sur une butte qui surplombe la vallée, laquelle décrit des méandres prononcés pour contourner l’obstacle constitué par cette butte de grès.

A ce premier tronçon succède un second caractérisé par un resserrement et un encaissement de la vallée dans des schistes et des grès. Le lit mineur, large et peu encaissé, serpente au sein d’un lit majeur au caractère humide affirmé.

En aval de la confluence avec le Petit Don, la vallée forme de petites gorges rocheuses sur 5 km.

A mesure que l’on s’approche de la Forge Neuve, le plancher alluvial devient de plus en plus marécageux, jusqu’à être entièrement mobilisé par le lac de retenue de la Forge.

Ce site a été aménagé au niveau d’un verrou rocheux qui réduit la vallée à moins de 40 m de large. La configuration naturelle n’existe plus dans ce secteur dont la topographie a été complètement modifiée par la construction des usines.

 

2.2.2.2 De la Forge Neuve aux gorges de Guéméné-Penfao

En aval de la Forge, la vallée du Don s’évase, car le substrat schisteux est recouvert par une épaisse couche  d’altérites (roche décomposée, peu résistante) dans laquelle l’érosion latérale a pu être efficace. On peut distinguer deux sous tronçons articulés autour de Jans : en amont la vallée décrit de larges méandres très prononcés, tandis qu’en aval, elle suit une direction linéaire jusqu’aux gorges de Guéméné.

 Ils constituent tous deux la vallée intermédiaire du Don, qui présente une physionomie uniforme, avec une largeur stable (excepté dans certains méandres) d’environ 450 m. Le lit mineur s’élargit progressivement pour atteindre une douzaine de mètres. […]

A mesure qu’on progresse vers l’aval, l’importance du lit exceptionnel va en croissant, tandis que le lit majeur devient plus dynamique. Ce tronçon se caractérise aussi par l’importance des dépôts alluviaux anciens (terrasses) dans lesquels la rivière a façonné sa plaine alluviale actuelle.

[…] C’est aussi sur ce tronçon intermédiaire que le Don reçoit ses 3 principaux affluents après le Petit Don, à savoir la Gravotel en aval de Moisdon la Rivière, et la Cosne et le Sauzignac à Jans.

Entre Conquereuil et Guéméné, le Don traverse une unité géologique très résistante composée de schistes ardoisiers qui servent de support à un plateau dans lequel la vallée s’encaisse profondément (environ 60 m de dénivelé). Dans ces roches qu’on voit affleurer à l’est de Guéméné, le Don a taillé une vallée en forme d’encoche étroite dans laquelle les écoulements s’accélèrent.

 

2.2.2.3 Des gorges de Guéméné-Penfao à la confluence avec la Vilaine

Ce tronçon correspond à la vallée aval du Don, large mais bien encaissée dans les versants, qui est largement soumise à l’influence de la Vilaine. Le lit mineur s’élargit progressivement à 30 m de large, allant parfois jusqu’à 80 au Pré de l’Ilette.

Ce tronçon voit l’apparition d’un lit moyen qui constitue un niveau topographique bien individualisé dans le fond de vallée. Le lit majeur atteint 750 m de large, et est relayé par un niveau alluvial dominant, le lit majeur exceptionnel, qui correspond dans certains cas à d’anciennes terrasses ennoyées (exemple au pré de l’Ilette). Tout le fond de vallée est occupé par des marais et des prés de fauche.

2.2.2.4 Les affluents du Don

• Le Petit Don

Le Petit Don est le premier affluent important qui rejoint le Don, sur son tronçon amont, en amont de la Forge Neuve. Long de 20 km, il a dégagé dans un substrat de schistes gréseux une petite vallée étroite, encaissée d’une trentaine de mètres par rapport au plateau environnant. […]

• La Touche

La Touche est un affluent rive droite du Don, qu’elle rejoint en aval de Moisdon. Long de 17 km, ce ruisseau s’écoule selon une orientation nord-sud affirmée, parcourant ainsi plusieurs unités géologiques (lesquelles sont allongées d’est en ouest). La configuration de sa petite vallée est étroitement liée aux différents types de substrats traversés, les roches plus dures engendrant des resserrements de la plaine alluviale et son encaissement. Ce ruisseau présente un petit lit mineur de faible section, qui serpente dans un lit majeur peu large, et au profil transversal pentu.[…]

• La Cosne

La Cosne est l’affluent le plus important du Don avec un linéaire d’environ 30 km. Sa vallée, orientée d’est en ouest, peut être divisée en deux tronçons s’articulant au niveau de St-Vincent-des-Landes. En amont, la vallée est assez étroite et encaissée. A St-Vincent-des-landes, un resserrement important lié à l’affleurement d’un substrat résistant favorise en contrepartie un élargissement de la plaine alluviale en amont (entre la Rigaudais et la Quidais), dans un secteur où l’omniprésence de colluvions sur les versants rend les limites morphologiques peu marquées.

En aval de St-Vincent, la vallée s’évase progressivement au fur et à mesure des apports des vallons latéraux. Chaque confluence est d’ailleurs marquée par un élargissement net du lit majeur. […]

• Le ruisseau de Sauzignac

Le ruisseau de Sauzignac est le dernier affluent étudié du Don : il prend sa source à l’ouest de la Meilleraye de  Bretagne et conflue avec le Don en aval de Jans après avoir parcouru une vingtaine de kilomètres. Ce petit cours d’eau d’importance moyenne présente comme caractéristique de posséder un cours dit « en baïonnette », c’est-à-dire qu’en fonction de la lithologie il décrit des angles droits entre deux tronçons linéaires  homogènes. Son parcours est ainsi sous influence directe de la géologie.

Mise à part cette spécificité, il possède une petite vallée peu marquée dans le paysage (son encaissement dans les versants n’atteint pas 10 m) sur son tronçon aval. Sur son tronçon amont (en amont de la voie ferrée), la vallée est encadrée par des collines aux pentes fortes dominant de grands glacis en pente douce vers le fond de vallée. […]

 

2.2.3 Bassin de l’Isac

2.2.3.1 De la source à Bout-de-Bois : « l’Isac naturel »

• De la Source à Saffré

Très anthropisée tout au long de son cours, la vallée de l’Isac l’est depuis sa source, puisqu’il « naît » aujourd’hui dans l’étang de Vioreau dont il constitue un des exutoires. Ce premier sous tronçon homogène se caractérise par une vallée déjà large pour un secteur amont. Faiblement encaissée, au profil ouvert, la vallée est constituée d’un plancher alluvial large d’environ 250 m, qui se raccorde en pente douce avec les versants. Le lit mineur se présente jusqu’à Saffré comme un petit fossé agricole de faible section. La vallée qui suit une direction uniforme vers le sud-ouest reçoit de nombreux affluents, principalement en rive droite. […]

• Saffré

Saffré est la première zone à enjeux du bassin versant, et la plus importante avec Blain. A ce niveau, l’Isac qui a incliné son cours plus vers le sud se présente comme un petit cours d’eau tranquille. La partie ancienne du village est implantée directement au bord du lit mineur, dans le champ majeur, en rive droite. […]

 

• De Saffré à Bout-de-Bois

Ce tronçon est caractérisé par l’importance des zones de transition (lit majeur exceptionnel) qui encadrent le lit majeur de l’Isac, sous l’influence des sables pliocènes, particulièrement peu résistants à l’érosion.

En aval de la Jossaie, le niveau de l’Isac est contrôlé par la retenue de Bouts-de-Bois, et le fond de vallée a été particulièrement modifié par la création de cet étang, mais aussi par l’arrivée du canal de Nantes à Brest, accompagnée de remblaiements importants en rive gauche (site de l’usine).

 

2.2.3.2 De Bois-de-Bois au Pont de Barel

• De Bout-de-Bois à l’écluse du Gué de l’Atelier

A ce niveau, la vallée infléchit son cours brutalement vers l’ouest, car elle bute sur un affleurement de péridotites serpentinées (roche cristallophylienne résistante à l’érosion) associée à une faille, qui a fortement influencé la direction de l’Isac au cours de la formation de la vallée.

[…] Dans ce contexte, son profil transversal se modifie : plus encaissée (une vingtaine de mètres), plus large (le fond de vallée atteint 500 m) elle est encadrée par des versants plus pentus, d’où des limites plus nettes, et la raréfaction des lits majeurs exceptionnels.

A partir de Bout-de-Bois, le lit majeur de l’Isac est partiellement tronqué par la présence du canal qui le coupe en deux, tandis que le lit mineur le longe sur sa rive droite. Entre Bout-de-Bois et l’écluse de la Remaudais, celui-ci longe le versant et occupe ainsi une place minimum, tandis qu’en aval, il prend une place centrale dans le fond de vallée. […]

• De l’écluse du Gué de l’Atelier au Pont de Barel

L’écluse du Gué de l’Atelier marque la fin de ce premier sous tronçon, tant car l’Isac rejoint le canal, que parce que les sables pliocènes qui le caractérisent se font rares le long de la rivière et laissent la place à des substrats différents.

A partir de cette écluse, le lit mineur de l’Isac a été aménagé, recalibré, creusé, endigué (etc) pour qu’il devienne navigable pour le canal de Nantes à Brest. Tout le long, à intervalles réguliers, des écluses régulent le niveau d’eau. La physionomie et le fonctionnement du « lit mineur » n’ont donc plus de rapport avec les conditions dans lesquelles la plaine alluviale a été façonnée au cours des siècles.

Ce tronçon se caractérise par la confluence de quatre des plus gros affluents de la rivière en moins de 10 km : ruisseau du Plongeon, ruisseau de la Goujonnière, ruisseau du Perche, qui confluent tous trois en amont de Blain, puis en aval le ruisseau de Guichardais.

 Cette configuration entraîne une augmentation importante des débits potentiels de l’Isac dans ce tronçon. On voit ainsi les traces d’axes de crue se multiplier dans le lit majeur, traduisant l’augmentation des dynamiques (notamment en aval de la confluence avec le ruisseau du Plongeon, où dans un resserrement de la vallée, les hauteurs d’eau peuvent s’élever).

En amont de Blain, la vallée s’inscrit dans d’anciens dépôts datant du pléistocène.

2.2.3.3 De Pont de Barel à la confluence avec la Vilaine

La modification de tracé qui se produit à partir du pont de Barel est liée à la présence d’une faille que l’Isac va suivre jusqu’à l’écluse de la Touche. La transformation morphologique de la vallée qui s’encaisse et se referme résulte de l’affleurement d’un filon d’amphibolites (roche très résistantes) auquel succèdent des terrains schisto-gréseux. […]

• De Pont de Barel à Guenrouët

Ce sous tronçon présente comme particularités le resserrement très important de la vallée (la plaine alluviale passe de 500 à 150 m de large) couplé avec un tracé très sinueux, qui décrit des méandres prononcés. De ce fait, les hauteurs d’eau en lit majeur seront plus importantes qu’en amont, et les vitesses plus fortes.

Le verrou de Guenrouët avec son pont constitue la limite de ce tronçon, en aval duquel débute la vallée aval de l’Isac.

• De Guenrouët à la confluence avec la Vilaine

Immédiatement en aval du village, la vallée se modifie, d’une part en s’élargissant, et d’autre part avec l’apparition d’espaces de lit moyen et de marais au sein de la plaine alluviale. Celle-ci peut véritablement être qualifiée de zone alluviale humide.

On entre là dans le tronçon qui est largement soumis à l’influence de la Vilaine, et était soumis à celle des marées. En temps normal le niveau de l’Isac est régulé par un vannage situé avant la confluence avec la Vilaine, mais pendant les périodes d’inondation, le niveau de la Vilaine contrôle les écoulements dans l’Isac. Depuis la construction du barrage d’Arzal en zone estuarienne à l'embouchure de la Vilaine (1967-1970), celui-ci bloque la marée qui remontait auparavant jusqu'à Redon, et lors des vives-eaux, venait contrarier l'écoulement des crues, favorisant le débordement de la Vilaine, mais aussi de ses affluents, eux-mêmes refoulés par les eaux du fleuve. De nombreux textes historiques mentionnent les problèmes d’inondation de la vallée aval de l’Isac, notamment par les marées apportant avec elles quantité de vases se déposant dans le lit de la rivière.

Le fond de vallée de l’Isac sur ce tronçon est donc principalement occupé par des marais et des prairies. Situés à très faible altitude (inférieure à 4 m), ces terrains présentent des sols très hydromorphes où la nappe est souvent sub-affleurante, même en période estivale.

[…]

2.2.3.4 Les affluents de l’Isac

• Le ruisseau de Remauda

Le ruisseau de Remauda est le premier affluent important de l’Isac, qu’il rejoint en aval de Bout-de-Bois, au niveau de l’écluse de Remauda. Long d’une douzaine de kilomètres, il s’écoule du sud vers le nord et draine près de 60 km² de bassin versant. Son cours traverse plusieurs formations géologiques constituées principalement de micaschistes et d’orthogneiss. Il a façonné une petite vallée au profil en V très ouvert, faiblement incisée dans le substrat. Le fond de vallée est occupé par un lit majeur au profil transversal pentu. […]

• Les ruisseaux du Plongeon et de la Goujonnière

Ces deux affluents, qui suivent des tracés parallèles depuis leur source jusqu’à la confluence avec l’Isac présentent une grande homogénéité, et une physionomie relativement semblable à celle du ruisseau de Remauda. Longs tous deux de 18 km environ et drainant des bassins d’environ 60 km², ils ont façonné de petites vallées ouvertes aux limites peu nettes. […]

• Le ruisseau de la Perche

Le ruisseau de la Perche est le plus gros affluents de l’Isac avec un linéaire de plus de 22 km et un bassin versant de 105 km². Il prend sa source en amont de Vay, et conflue avec l’Isac en amont de Blain, après un parcours complexe qui dessine une boucle vers l’ouest. A l’exception d’un tronçon amont courant depuis la source jusqu’à l’étang de Clégreuc et caractérisé par un substrat schisteux, la Perche s’écoule sur des formations alluviales anciennes, datant du pliocène (sables et cailloutis) et du pléistocène (limons et cailloutis). Ce sont des formations tendres que le cours d’eau a pu facilement dégager. Il y a creusé une petite plaine alluviale faiblement déprimée dans les reliefs environnants (10 à 20 m). […]

• Le ruisseau de Guichardais

Le ruisseau de Guichardais est le quatrième et dernier affluent important de la rive gauche de l’Isac. Par rapport aux 3 autres (ruisseaux de Remauda, du Plongeon et de la Goujonnière), la vallée formée par ce ruisseau présente une morphologie un peu différente, dans le sens où elle est plus encaissée. […]

• Le ruisseau de Rozais

Le ruisseau de Rozais prend sa source à la lisière de la forêt du Gâvre, et suit une direction uniforme vers le sud-ouest pour rejoindre l’Isac à Guenrouët. Il draine un bassin versant de 80 km². La vallée du Rozais s’inscrit dans un substrat relativement homogène de schistes. Faiblement incisée (une dizaine de mètres), elle présente un profil en travers en V assez ouvert, avec un fond alluvial à pente transversale importante. Dès sa source, le ruisseau de Rozais possède un petit lit majeur bien développé, aux limites externes peu nettes, qui contiennent le bas des pieds de versant. Le lit mineur a une section de faible dimension. […]

• Le ruisseau de la Cave […]

Le ruisseau de la Cave est un petit affluent de l’Isac drainant un bassin de moins de 20 km². De petite taille, il a façonné un lit majeur étroit qui ne s’élargit qu’à proximité de l’Isac.