Bracelets de type Bignan à Derval et Conquereuil

Age du Bronze moyen en Loire-Atlantique: Bracelets de type Bignan à Derval et Conquereuil

Age du Bronze moyen en Loire-Atlantique: Bracelets de type Bignan à Derval et Conquereuil

Découvertes de l'Age du Bronze moyen en Loire-Atlantique.

Haches à talon de Besné et bracelets de type Bignan à Derval et Conquereuil

Article de Jean L'Helgouac'h Christine Maggi Henri Poulain

Revue archéologique de l'ouest Année 1999 Volume 16 N° 1 pp. 85-95

Extraits

« 2 - Découverte de bracelets en bronze dans la région de Derval

a - Les bracelets de la Philipperie à Derval

C'est au tout début des années 1980 que M. Bregeon, cultivateur à la Philipperie, ferme située à environ 4 km dans le Sud-Ouest de Derval, trouvait trois bracelets en bronze dans l'un de ses champs (fig. 5).

Cadastre : parcelle YX 17 (1984). Coordonnées Lambert II : X = 295,32 ; Y = 2301,05. Altitude: 51mNGF

Pourtant montrés ici et là - même à Paris ! -, ils ne semblent pas avoir, pendant longtemps, attiré un intérêt suffisant pour qu'ils parviennent à la connaissance d'une personne avertie. Il a donc fallu la perspicacité de M. Alain Marchou, instituteur, pour que ces objets me soient présentés à la fin de l'année 1990 et confiés pour étude.

Il s'agit de trois bracelets de type Bignan (Briard, 1965, p. 123-135), tout à fait caractéristiques, de section piano- convexe et décorés de motifs géométriques incisés (fig. 6). Leur état de conservation est inégal ; si l'un d'eux est en très bon état malgré un malencontreux accroc de charruage qui a enlevé la patine sur un côté , un autre est très corrodé et l'on ne devine plus que quelques lambeaux de son décor (tab 2)

Les décors sont donc très classiques pour ce type de bracelet, ce sont des dents de loup, des triangles, des arcs de cercle, des chevrons, des ovales, disposés dans des panneaux limités par des incisions transversales. L'organisation des motifs est d'une parfaite symétrie par rapport au panneau central. »

« b) les bracelets de la Cadinais à Conquereuil

L'intérêt porté aux bracelets précédents a fait connaître, par l'intermédiaire de Monsieur Marchou, deux nouveaux objets, propriété de Monsieur Gaëtan Urvoy, demeurant à la Cadinais à Conquereuil. Pour l'instant ces deux bracelets n'ont pas d'identité sûre, on ne sait ni leur lieu exact de découverte, ni s'ils proviennent d'un endroit unique. (fig 7)

Cadastre approximatif ZM 32 1984 Coordonnées Lambert II possibles : X : 293,9 Y : 2302,85 Altitude 38 m NGF

Cependant il est à noter que les lieux-dits La Philipperie et la Cadinais sont proches (environ 2,5 km), de part et d'autre de la limite des communes de Derval et de Conquereuil. A priori on a donc affaire à des dépôts très voisins.

Les deux bracelets de la Cadinais ne sont pas identiques (fig. 8) (tab. 3). L'un est un bracelet de type Bignan, décoré. Son état de conservation est très bon, avec une belle patine verte. Les motifs sont disposés en panneaux séparés par des groupes de cinq lignes transversales ; la symétrie est parfaite.

Le deuxième bracelet est beaucoup plus étroit avec des bords verticaux bien marqués. L'état de conservation est inégal ; certaines parties sont très corrodées, sans patine ; ailleurs la patine est remarquable. Le décor est limité à des hachures encadrées de lignes aux deux extrémités.

c - Observations

Outre l'intérêt propre des bracelets qui montrent une certaine homogénéité du décor, toujours composé d'un nombre impair de panneaux organisés symétriquement autour d'un motif central, les dépôts de Derval- Conquereuil paraissent revêtir une importance incontestable par leur situation géographique (fig. 9).

Depuis longtemps, J. Briard et ses co-auteurs ont fait remarquer la densité de ce type de bracelet en Haute-Bretagne (Briard et Bigot, 1989) »

et ils évoquent l'existence d'un centre de fabrication original (Briard et Lecerf, 1975) et de diffusion (Briard et ai, 1986).

Les bracelets de Derval confirment tout à fait cette distribution que l'on peut, cependant, préciser davantage.

En effet, il apparaît que quelques quatorze dépôts et bracelets isolés, soit une soixantaine de bracelets, se répartissent au Sud et au Sud-Est de Rennes, entre le cours inférieur de la Vilaine et la vallée du Don.

Sans doute les bracelets de Derval étendent-ils un peu la répartition vers le Sud, mais ils restent collés au groupe des bracelets des pays de la Guerche et de Bain- de-Bretagne. Pour l'instant il se confirme bien que ce type d'objet n'existe pas dans le pays nantais (exemplaires douteux et non retrouvés), ni en pays guérandais, donc autour de l'estuaire de la Loire.

On a, par ailleurs, une extension de cette distribution vers l'Ouest jusqu'au site éponyme de Bignan, le long des affluents essentiels de la Vilaine. Nous avons donc une aire de distribution qui affecte la forme d'un triangle depuis la Guerche jusqu'à Bignan et qui ne déborde ni vers le Nord de Rennes, ni au Sud du Don.

La question qui se pose donc est de savoir quelle est la signification exacte de cette répartition.

Qu'il y ait eu fabrication de ces bracelets dans cette région est une chose possible, encore que l'analyse plus précise de l'ensemble des décors pourrait montrer peut-être l'existence de plusieurs artisans.

Qu'il y ait eu diffusion de l'objet dans la zone désignée est une réalité. Mais la diffusion se fait au sein de populations ; pourquoi se cantonne-t- elle dans cette aire restreinte ? ou, selon une formulation différente, pourquoi ne s'étend-elle pas au-delà de cette aire ? Le problème de population est bien réel.

Ces bracelets représentent des objets de prestige, difficiles à porter à tout moment tant leur poids peut être considérable, ou parce que leur ouverture ne permet pas de les faire tenir correctement.

On peut donc considérer que ces pièces, remarquables par leur poids de métal et par leur décor, ont été détenues, à la fin du Bronze moyen, par une petite société occupant une zone assez précise.

Quelles étaient les caractéristiques de cette société ? On n'en connaît pas grand chose, sauf qu'elle devait utiliser aussi quelques haches à talon dont la distribution est d'ailleurs beaucoup plus vaste que celle des bracelets (cf. cartes de répartition dans Briard et Bigot, 1989, p. 529).

A la fin du Bronze moyen apparaissent les groupes dits de Rosnoën qui s'installent sur l'estuaire de la Loire et dans le Nord-Ouest de la Gaule ; y-a-t-il, à cette période, sur la vallée de la Vilaine, une société marginale, exclue des contacts maritimes ?

Quoiqu'il en soit, il semble qu'il serait extrêmement intéressant de se pencher sur la réalité de la répartition des bracelets de type Bignan, en la comparant à la répartition de divers autres types d'objets ou de structures, en la confrontant aussi à diverses questions touchant à la géographie physique (orographie, topographie, pédologie, etc).

Dans cette étude, l'apport de la photographie aérienne, révélatrice des traces d'habitat, paraît essentielle ; il s'agit là d'un problème général de carte archéologique à caractère scientifique.

Remerciements

Nous remercions vivement pour leur accueil, leur disponibilité et les facilités qu'ils nous ont accordées pour l'étude de ces objets, MM et Mmes Bregeon, Russon et Urvoy. Notre reconnaissance va également à M. Marchou. »

http://www.persee.fr/doc/rao_0767-709x_1999_num_16_1_1089

Découvertes de l'Age du Bronze moyen en Loire-Atlantique.

Haches à talon de Besné et bracelets de type Bignan à Derval et Conquereuil Article de Jean L'Helgouac'h Christine Maggi Henri Poulain

Revue archéologique de l'ouest Année 1999 Volume 16 N°1 pp. 85-95

 

Parures annulaires massives à décor incisé du Bronze moyen du Nord-ouest de la France : type de Bignan

Parures annulaires massives à décor incisé du Bronze moyen du nord-ouest de la France. Le type de bignan en question.

         Marilou Nordez              Bulletin_APRAB_2013

« Les parures annulaires massives à décor géométrique incisé sont, notamment depuis la publication de la thèse de Jacques Briard en 1965, considérées comme l'une des productions caractéristiques de la seconde étape du Bronze moyen en Bretagne (Briard, 1965[…]).

Très fréquemment en dépôts dans le Massif Armoricain, ces objets sont indistinctement désignés par le terme de bracelets du type de Bignan lors de leur découverte.

Il semble nécessaire de revenir sur cette dénomination, aujourd'hui trop généralement et abusivement utilisée afin de décrire l'ensemble des parures annulaires constituées d'une tige massive ornée de décor géométrique organisé en panneaux du Bronze moyen, ce qui de plus exclut certains exemplaires non décorés ou dont l'ornement est organisé différemment, pourtant comparables d'un point de vue strictement morphologique.

Le terme d'espace armoricain sera utilisé afin de désigner la zone d'étude, composée de la Bretagne, des Pays-de-la-Loire et de la Basse-Normandie. Les productions de ces régions se sont révélées relativement homogènes, avec un corpus de 243 exemplaires, issus de 69 sites différents.

Les zones voisines, notamment les régions Poitou-Charentes, Aquitaine, Haute-Normandie, île-de-France, ainsi que le sud de l'Angleterre, ont elle aussi livré des parures annulaires à décor incisé, et elles seront utilisées ici à titre de comparaison.

Des bracelets ornés en panneaux se trouvent aussi pendant le Bronze moyen en bien d'autres régions de France (Languedoc, Alsace, etc.).

Le dépôt de Kéran à Bignan (Morbihan)

En 1921, L Marsille signale la découverte d'un dépôt associant 18 bracelets et fragments de bracelets à « un certain nombre d'objets divers » (Marsille, 1921, p21).

La reprise des données concernant cet ensemble a permis d'établir que les 18 parures annulaires massives (fig1) étaient associées à deux rivets appartenant probablement à un poignard, à deux masselotes cisaillées, à deux tranchants de haches en bronze, ainsi qu'à un lingot plano-convexe (fig2)

Toutes ces parures possèdent une tige massive, et l'ensemble des exemplaires complets sont de forme elliptique ouverte, à trois exceptions près : deux anneaux sont à extrémités jointives et le troisième est fermé avec des tampons simulés.

Il est à noter que cinq bracelets sont dissymétriques, déformés sur une extrémité. Le grand axe maximal des bracelets complets est compris entre 69 et 98 mm, le petit, entre 61 à 77 mm. Les sections des joncs varient de 9,5 et 20 mm de largeur pour 5 à 8 mm d'épaisseur.

Leurs formes sont de formes assez variées : cinq bracelets sont strictement plano-convexes mais avec un ou deux méplats latéraux, un est concavo-convexe, deux sont biconvexes, dont un possédant des méplats latéraux, et le dernier est à section subrectangulaire très irrégulière.

Concernant leurs décors, ces objets présentent à nouveau une relative variété : un anneau est à décor continu, un à décor uniquement subterminal, deux ne sont pas ornés et les 14 autres possèdent un décor organisé en panneaux, selon différentes dispositions.

Sept bracelets présentent des compartiments répartis symétriquement autour d'un panneau central, un est orné de deux panneaux répétitifs, deux de panneaux variés et quatre décors sont incomplets ou partiellement effacés. »

« Pour une remise en question du type de Bignan.

Le dépôt de Bignan réunit donc des parures annulaires possédant des caractéristiques morphologiques et décoratives d'une diversité certaine, impliquant une première réserve quant au regroupement de ces différents objets au sein d'un même type.

De plus, certaines de ces caractéristiques ne trouvent aucune autre comparaison en zone armoricaine et constituent des exceptions morphologiques ou décoratives au sein de l'espace étudié. […]

L'utilisation du dépôt de Bignan comme découverte éponyme pour désigner l'ensemble des bracelets massifs à décor incisé paraît au vu du corpus établi, assez peu pertinente.

Cette dénomination implique également l'acceptation « Bignan » à tous les objets massifs possédant un décor géométrique réparti en panneaux sans prendre en compte les variétés d'ornementation.

Ces dernières semblent pourtant correspondre à des choix identitaires : des variations décoratives très nettes apparaissent dans les différentes régions étudiées.

De même, comme l'avait déjà souligné J. Briard, certaines parures annulaires possèdent des caractéristiques morphologiques similaires à celles des bracelets dits du type de Bignan tels qu'ils sont admis aujourd'hui (section, forme, extrémités), mais elles sont inornées ou avec un décor limité aux extrémités (Briard, 1965).

A l'inverse, il existe des bracelets à motifs organisés en panneaux mais de morphologies singulières, du moins peu représentées en zone armoricaine (section concavo-triangulaire, section rectangulière irrégulière).

Il apparaît donc clairement qu'un type unique ne permet pas la prise en compte de ces différentes particularités ni de leurs combinaisons : les tentatives de subdivision du type de Bignan proposées jusqu'ici, souvent basées sur les variations décoratives, se sont révélées peu efficaces. En effet, ces dernières ne permettent pas l'intégration des données technologiques au sein des classifications, desquelles dépend directement la morphologie.

Par commodité, c'est très souvent le terme de bracelet qui est employé pour désigner ces objets, et nous l'utiliserons au sens générique, c'est à dire comme synonyme de parure annulaire.

Leur contexte d'enfouissement seul, essentiellement des dépôts, ne permet en effet que rarement d'en envisager le port individuel.

Certains caractères morphologiques, tel que le poids et le diamètre, parfois très importants, incitent à remettre en cause une position de ces objets uniquement limitée aux poignets et à l'envisager aussi à la cheville.

Au terme de « bracelet », il faudrait cependant préférer celui de parure annulaire, permettant de ne pas fausser l'interprétation de la fonction de ces objets.

Utiliser ce type de Bignan tel quel ne présente que peu d'intérêt, si ce n'est de se cantonner à attribuer les dépôts qui en contiennent au Bronze moyen.

Il semble nécessaire aujourd'hui d'en proposer une redéfinition par une analyse fine des formes, des décors et de la répartition géographique afin d'approcher d'éventuels groupes de production, d'envisager au mieux la fonction et les modes de réalisation de ces objets.

De même la réévaluation et l'affinement de la chronologie s'imposent : le dépôt de Bignan lui-même pourrait-être plus ancien que ne le pensait Briard, si l'on considère que les tranchants de haches appartiennent plutôt à des haches de l'horizon de Tréboul qu'à des haches à talon […])

Vers une nouvelle classification des parures annulaires

Les défauts évoqués du type de Bignan tel que défini jusque là nous ont conduite à reprendre l'ensemble des données concernant les parures annulaires massives à décor incisé du nord-ouest de la France dans le cadre d'un mémoire de master 2, dont le présent article résume les principaux résultats (Nordez 2011) »

Parures annulaires massives à décor incisé du Bronze moyen du nord-ouest de la France. Le type de bignan en question. Marilou Nordez Bulletin_APRAB_2013

« C'est désormais le jonc lui-même, par sa forme générale et celle de sa section, qui est considéré en premier pour organiser cette nouvelle classification de ces objets ; cela permet aussi l'intégration d'informations morphologiques, mais également technologiques.

Par exemple, si les sections plano-convexes, rectangulaires et triangulaires permettent d'envisager différents types de mise en forme, les sections concavo-convexes, biconvexes ou lenticulaires excluent une simple coulée dans un moule en une pièce ouvert, tout comme pour les formes à tige fermée.

Ces caractéristiques morphologiques impliquent l'utilisation de moules à plusieurs pièces, ou encore de la technique de la fonte à la cire perdue. […]

Bien qu'il ait évidemment son importance, le décor n'intervient pour cette classification que dans un second temps. En effet, qu'il soit réalisé dans un moule en cire ou bien par ciselage après la fonte, il s'agit bien d'un ajout qui n'influe pas sur la forme de l'objet.

Cependant l'analyse de l'organisation du décor et des motifs représentés permet très souvent d'appuyer sur les tendances régionales détectées lors de l'étude morphologique.

Il existe de nombreuses possibilités d'ornementation sur ces parures annulaires : décor organisé en panneaux (symétriques autour d'un panneau central, variés, répétitifs, etc.), décor continu, décor uniquement subterminal ou encore absence d'ornementation.

Concernant les panneaux, ils sont pris en compte en tant que combinaison de motifs, c'est à dire que les motifs et leur agencement, formant un panneau, constituent un ensemble dont la décomposition ne présente pas réellement d'intérêt : c'est bien l'entité formée qui est étudiée.

 La position des panneaux sur les objets fournit également des résultats intéressants ; par exemple, certains panneaux semblent plus caractéristiques de l'approche des extrémités, d'autres sont souvent utilisés en position centrale.

Pour les objets de parure, ce ne sont pas seulement les évolutions techniques qui régissent les formes, mais surtout des modes qui correspondent à l'affirmation d'une identité.

Plusieurs groupes de production ont pu ainsi être mis en avant, regroupant des caractéristiques morphologiques et décoratives majoritaires dont la combinaison section-forme-extrémité-décor semble correspondre à des tendances régionales relativement marquées, sans exclure pour autant l'importation ou l'imitation d'exemplaires allochtones. Ces variations concordent avec des techniques de production différentes, qui influent sur les formes et les sections des objets.

Deux groupes ont ainsi pu être dégagés pour le quart nord-ouest de la France : l'un armoricain et l'autre s'articulant autour du bassin inférieur et moyen de la Seine.

Bien que les données soient encore incomplètes à ce jour, un troisième groupe pourrait être ajouté aux précédents, correspondant au Poitou-Charentes et au nord de l'Aquitaine.

Les différents éléments ayant permis la définition de ces groupes sont avant tout morphologiques.

La zone armoricaine est notamment caractérisée par des sections plano-convexes et concavo-convexes, ainsi que par des formes ouvertes.

En revanche, les régions du bassin inférieur et moyen de la Seine diffèrent et regroupent essentiellement des parures annulaires à sections triangulaires et de forme fermée.

Les critères décoratifs viennent confirmer l'existence de ces distinctions régionales : essentiellement des décors en panneaux variés, inscrits dans une gamme relativement restreinte de motifs pour le nord-ouest ; un seul et même panneau répété plusieurs fois, avec éventuellement de légères variantes, pour le bassin inférieur et moyen de la Seine ; les panneaux répétitifs sont aussi bien représentés en Poitou-Charentes et au nord de l'Aquitaine, zone également caractérisée par une abondance de décors continus (Gomez de Soto, 1995, Lagarde, 2012).[…] »

https://www.academia.edu/2961465/Marilou_Nordez_2013_-_Parures_annulaires_massives_%C3%A0_d%C3%A9cor_incis%C3%A9_du_Bronze_moyen_du_nord-ouest_de_la_France._Le_type_de_Bignan_en_question_Bulletin_APRAB_2013