Dépôt métallique l'île aux Lièvres La Chevallerais

Dépôt métallique de l’âge du Bronze de la Chevallerais

Extraits d’un article de Muriel MÉLIN (Muriel MÉLIN est Docteur de l’Université de Rennes 1 - UMR 6566 CReAAH, Rennes) : « Reprise des données concernant le dépôt du Bronze final atlantique 3 dit de Puceul, l’Île aux Lièvres. Correction d’une mauvaise attribution au dépôt de Plessé (Loire-Atlantique) »           

Le contexte historique de l’âge du Bronze décrit plus haut s’appuie sur les travaux de Jacques Briard (chercheur au CNRS de 1955 à 2002), qui a beaucoup contribué à nos connaissances scientifiques sur cette période qui voit la maîtrise de la métallurgie des premiers métaux (cuivre, puis bronze, mais aussi or et argent), et à sa vulgarisation pour le grand public.

Depuis, les recherches se poursuivent. Les bornes chronologiques des trois grandes phases de l’âge du Bronze définies par J. Briard pour l’Ouest de la France ont été modifiées : le Bronze final est aujourd’hui daté de -1350 à -800 par exemple.

L’ouvrage le plus récent abordant l’âge du Bronze dans l’ouest de la France et le phénomène des dépôts est celui de Pierre-Yves Milcent (Maître de conférences à l’Université de Toulouse) : « Le temps des élites en Gaule atlantique (…) » paru en 2012 aux Presses universitaires de Rennes. C’est un travail très technique mais qui réactualise notamment les travaux de J. Briard, aujourd’hui un peu vieillis.

Notre regard sur les dépôts a aussi évolué. Ces groupes d’objets en bronze, souvent fragmentés avant d’être enfouis en pleine terre, ne sont aujourd’hui plus considérés comme des dépôts de fondeurs, mais sont à placer dans la sphère du rituel.

Ils continuent d’être étudiés d’un point de vue économique (masse de métal déposé), spirituel (offrandes ?), mais aussi social (comportements évoluant dans le temps et dans l’espace et qui témoignent de l’évolution de ces sociétés de l’âge du Bronze).

Nous nous appuyons donc autant que possible sur des découvertes récentes ,mais nous retournons également sur les découvertes anciennes.

C’est le cas de cette étude sur le dépôt de Puceul, qui a permis de retrouver les objets que l’on pensait jusqu’ici disparus. En fait, ces objets ont été confondus avec un autre dépôt, mais ils « dormaient » encore dans les réserves du musée archéologique de Nantes (enregistrés sous la provenance « Plessé », dépôt qui, lui, semble bien avoir disparu).

Même s’il n’est plus complet, ce dépôt de Puceul-La Chevallerais, enfoui entre -950 et -800, illustre bien les pratiques rituelles alors en cours sur toute la frange atlantique. Ce travail a été réalisé dans le cadre d’un Projet collectif de recherche, coordonné par Sylvie Boulud-Gazo (Maître de conférences à l’Université de Nantes), projet qui rassemble chercheurs, étudiants et bénévoles sur l’étude de l’âge du Bronze dans les Pays de la Loire.

D’après un courriel de Muriel Mélin du 16 juin 2016