Puceul "Au Fil du Temps" : Balade dans le Patrimoine

Balade commentée dans le bourg de Puceul

Ce circuit dans le bourg de Puceul présente plusieurs sites marquants du patrimoine :

1) Maison "Montmorency"

2) Eglise St Martin

3) Ancien Presbytère, Séquoia

4) Bâtiment XVIe de la bibliothèque "Au Puits du livre"

5) Fontaine St Clair

6) Etang de la Rinais

7) Manoir de la Savinais

Vue d'ensemble de la Maison "Montmorency" : XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles.

1 Maison Montmorency

 

La Maison « Montmorency » se trouve dans le haut de la place de l’église, au bord de la route de Saffré, elle est située à proximité de l’ancien presbytère (actuel restaurant « Le séquoia »).

 

 La famille « Montmorency » est l’une des plus prestigieuse de la noblesse française(du nom de la ville de Montmorency dans l’actuel département du Val d’Oise).

A la fin du Xe siècle, le château de Montmorency est situé sur une butte dominant Paris.

En 1632, Henri de Montmorency, maréchal de France, gouverneur du Languedoc, est exécuté sur l’ordre de Richelieu, pour conspiration contre Lois XIII.

Les terres de la seigneurie de Montmorency passent alors aux Condé dont la femme était alors la sœur du troisième Duc de Montmorency.

 

 Cette famille est divisée en plusieurs branches.

Un Montmorency important dans la région de Nozay est le connétable Anne de Montmorency qui hérita d’une partie des terres de la baronnie de Châteaubriant détenues alors par Jean de Laval, mort en 1543.

En 1554, Anne de Montmorency obtint du roi l’union à sa baronnie de Châteaubriant d’autres terres voisines de Nozay que lui avait donné Jean de Laval.

Les seigneurs de Nozay, à la mort de Jean de Laval se confondent donc avec les Ducs de Montmorency et les Princes de Condé, barons de châteaubriant.

Le territoire de Puceul appartenait jadis à la Châtellenie de Nozay et donc fut propriété successive des familles Le Bœuf, Rieux, Laval, Montmorency et des Princes de Condé.

 

 La branche qui concerne Puceul est celle des La Neuville, par Georges de Neuville d’Abbaretz, gouverneur de Châteaubriant et fils légitimé de Georges de Montmorency d’Aumont dont le père était Claude Montmorency, Baron de Fosseux (1490).

La mère de Georges de Neuville de Montmorency était Françoise de Bouquerie et n’était pas encore marié à Georges de Montmorency (père), seigneur d’Aumont et de Neuville.

C’est pour cela que l’on dit qu’il a été légitimé (plus tard en 1576 par lettre du roi Henri III) car le défaut de sa naissance hors mariage a été réparé par le mariage contracté plus tard entre le père et la mère.

 

 Un des propriétaires de la Maison « Montmorency » était Jean de Montmorency.

D’après la dédicace d’un ciboire, classé aux monuments historiques et mobilier de l’église St Martin de Puceul, on peut lire :

« Donné à Puceul par Messire Jean de Montmorency, seigneur de la Neuville 1653 ».

Ce jean de Montmorency est l’un des quatre enfants de Georges de Neuville (légitimé) décédé en 1641 et de Gabrielle de la Roche St André née en 1587.

Il s’est marié en 1643 avec Henriette de l’Estourbeillon (1624-1681) d’une famille habitant La Savinaie à Puceul également.

Il est mort en 1657.

 

Ce jean de Montmorency a eu six enfants dont deux fils qui sont morts en bas âge (le plus vieux avait 10 ans en 1653 : date de la dédicace du ciboire).

Il n’y a pas eu d’enfant mâle pour porter la lignée de la famille.

  Le nom s’est perpétué par le frère de Jean, Georges, dont le petit fils a eu une fille qu’il maria en 1733 à Louis Alexandre Xavier le Sénéchal de Carcado (mort en 1763).

 

Le Blason de la Famille Le Sénéchal de Carcado est pratiquement le même que celui des Rohan (Seule la couleur du fond change, de Gueules (rouge) pour les Rohan et d’azur (bleu) pour les Sénéchal de Carcado).

Ce blason figure sur l’un des linteaux d’une fenêtre de la Maison Montmorency » à Puceul, cette fenêtre est donc du XVIIIe siècle, réalisée à l'occasion du mariage de 1733 de louis Alexandre Xavier Le Sénéchal de Carcado avec Marie-Anne Claude de Montmorency .

 

Pourquoi ce blason est-il quasi identique à celui des Rohan ?

Cela tient au fait que la maison Le Sénéchal tire son nom de la charge importante de Grand Sénéchal féodé de la vicomté de Rohan qu’elle occupait héréditairement depuis la fondation du château de Rohan.

Cette famille a pu ainsi « copier » les armes des Rohan de l’époque. (De Gueules à Six macles d’or)

 

 Par analogie avec une macle cristalline, la macle est une pièce héraldique en forme de losange évidé.

 Les cristaux de chiastolite étaient connus par les anciens auteurs sous le nom de « macles » (parfois orthographié « mâcles »). Comme le rappelle le minéralogiste A. Lacroix (1893), « il semble que l’introduction de ce terme dans la langue héraldique tienne à ce que les Rohan sur les terres desquels se trouvait le célèbre gisement des Salles, au pied du château, les avaient représentés dans leurs armes »

 

Eglise St Martin (Puceul) : angle nord-ouest

2 Eglise St Martin (Puceul)

Présentation de l'édifice 

Comme beaucoup d’églises du département, l’église est en très mauvais état, au XIXe siècle, et trop petite pour accueillir la population.

En 1885, l’ancienne église cède la place à un édifice beaucoup plus vaste, placé sous le même vocable : St Martin.              

De forme carrée avec une voûte supportée par des colonnes, l’église est extérieurement de style néo-gothique, avec un clocher très bas reposant directement sur la nef.

 

Définitions :

Une église est un édifice où se réunissent les chrétiens pour célébrer leur culte.

Néogothique : se dit d’un style qui, au XIXe siècle surtout, s’est inspiré du gothique.

Gothique : Alors qualifié péjorativement de gothique (Goths, des germains), cette forme d’art est apparue dans la région devenue l’Ile-de-France au cours des années 1140.

A la fin du XIIe siècle, la nouvelle architecture a déjà débordé ses frontières régionales vers la Picardie, la Champagne, la Bourgogne et même l’Angleterre.

Au cours du XIIIe le style gothique s’impose à la plus grande partie de l’Occident. Cette floraison, étalée sur 3 siècles concerne l’ensemble des arts.

 

Construction d'une nouvelle église

Au XIXe siècle, face à l’accroissement de la population et à la ferveur religieuse, il faut reconstruire l’église devenue trop petite ou trop vétuste, bien souvent à la place de l’ancienne.

L’église actuelle de Puceul a été reconstruite en 1885, à l’emplacement de l’ancienne église ou chapelle.

Cela correspond à l’une des dernières églises reconstruites dans la région de Nozay.

6 communes sur les 10 de la région « Entre Isac et Don » ont débuté la construction de leur nouvelle église avant 1870 (la plus précoce étant celle de La Chevallerais en 1853).

Puceul arrive en 9ème position juste avant Vay la dernière (1888-1890)

 

Eléments décoratifs extérieurs 

Se placer au niveau de la porte d’entrée du Transept sud (croix) :

Au dessus des colonnes on observe des chapiteaux : Ils ont été réalisés en 2002, à l’initiative de la municipalité d’alors, par un artiste d’une entreprise de Vallet chargée de la restauration des édifices religieux. Ces chapiteaux étaient restés bruts et n’avaient jamais été sculptés.

Pour la sculpture des chapiteaux, l’artiste s’est inspiré des éléments décoratifs déjà présents dans l’église (et également du bestiaire : voir porte principale)

On y voit surtout des feuilles de végétaux.

 

Architecture

Les églises sont souvent construites en forme de croix latine avec une nef allongée se poursuivant par le chœur et avec deux transepts perpendiculaires à la nef.

Dans l’église de Puceul qui est de forme octogonale (presque ronde), la nef est aussi réduite que les transepts.

 

L’un des transepts abrite un renfoncement dans lequel se situe l’autel en bois de style Renaissance classé aux monuments historiques.

La Renaissance française est un mouvement artistique et culturel situé en France entre le XVe siècle et le début du XVIIe siècle.

 

L'autel Renaissance : 

Situé dans la partie droite de la nef dans une saillie formant transept, cet autel a été restauré en 1955 par Henri Wagner, artiste ayant séjourné dans la région de Nozay dans les années 1950 à 1970.

La partie centrale, très ouvragée, est ornée de colonnettes corinthiennes et flanquée, de chaque côté d’une représentation d’un saint évêque (St Martin ou St Clair) et de Jean-Baptiste.

Deux panneaux équilibrent l’ensemble, décorés de fruits, de feuilles et d’angelots.

Le retable, orné des mêmes éléments décoratifs, est surmonté d’un dôme de bois, piédestal pour un christ en majesté.

 

(Le Christ en majesté est en pied debout ou assis sur un trône (parfois sur une estrade) avec un positionnement des mains variable. On rencontre l'attitude de l'orant, bras écartés et paumes ouvertes).

 

Mobilier de l'église :

Le mobilier de l’église, bien que non exposé et pour certaines pièces (les plus précieuses) situé hors de l’édifice, est relativement riche.

On peut néanmoins observer de nombreux vitraux datant pour la plupart de la fin du XIXe siècle et des années d’après guerre :

                Nombreux épisodes de la vie de St Martin.

                Episodes de l’histoire de France et de l’histoire régionale.

                Scènes de la vie religieuse

 

Non exposées dans l’église, plusieurs œuvres sont classées aux monuments historiques :

 

                Une statue en bois du 13e siècle d’un saint évêque mitré avec sa crosse (St Clair ?) dans une main et les évangiles dans l’autre.

                Un ciboire en argent avec une dédicace : « Donné à Puceul par Messire Jean de Montmorency, seigneur de la Neuville, 1653 »

                Un calice du XVIIe siècle en argent doré.

 

Ces œuvres seront exceptionnellement visibles à l’occasion de la journée du patrimoine de pays et des moulins le 15 juin 2014 de 10H00 à 12H00 dans l’église St Martin.

Séquoia du jardin du presbytère (Actuel restaurant "le Séquoia")

3 Séquoia de l'ancien presbytère

 

L’ancienne cure (XVIIIe siècle)

 

On y trouve des armoiries constituées d’un aigle à 2 têtes.

 L’aigle monocéphale est l’une des grandes figures de l’héraldique (Etude des armoiries)

L’aigle est essentiellement une figure héraldique nobiliaire, symbole de puissance et d’autorité.

 

L’aigle à 2 têtes n’est pas un motif héraldique quantitativement important.

Il constitue les armes de Bertrand Du Guesclin (1320-1380), le type du parfait chevalier.

 

L’aigle à 2 têtes est devenu le signe du Saint Empire, puis plus tard de l’Empire d’Autriche.

 

Le Séquoia

 

Origine du nom : le nom séquoia a été donné à cet arbre pour honorer la mémoire du chef amérindien SEE-QUAYAH ou SEQUOYAH, inventeur de l’alphabet Cheerokee.

Sequoyah était un métis de la tribu des Cheerokees, il joua en effet un rôle important dans la coopération entre les Cheerokees et les blancs.

 

Ces arbres sont originaires de Californie, dans une région située à 180 km de San Francisco

A l’état naturel, les séquoias géants ne poussent que sur les versants ouest de la Sierra Nevada, dans des forêts de montagne.

Les séquoias les plus hauts mesurent plus de 90 mètres et la circonférence des plus gros dépassent 24 mètres .

 

En 1864, le capitaine de Cornulier rapporte quelques graines à son ami le Général Marion de Beaulieu.

Là-bas, Il est le témoin d’un arbre abattu qui mesurait 413 pieds de long (130m) sur 103 pieds de circonférence à la base (30m).

 

Au XIXe siècle, l’arbre de provenance lointaine apporte une note d’exotisme dans les parcs des maisons bourgeoises de Loire-Atlantique. Nombre de parcs abritent des arbres remarquables.

On privilégiait notamment les essences « exotiques » près du bâtiment avec un arbre « phare » planté en isolé sur la pelouse.

 

Le séquoia géant y trouve une place de choix à partir de la seconde moitié du XIXe siècle.

Aujourd’hui, plusieurs sujets sont classés parmi les arbres remarquables.

 

Le séquoia géant de Puceul.

Il se dresse dans le jardin de l’ancien presbytère, juste à côté de l’église qu’il domine de sa hauteur.

Il aurait été planté à la même époque que celui de Bohallard et que celui de la cure de Saffré (aujourd'hui abattu ). (Celui de Bohallard mesure 7,35 m de circonférence à un mètre du sol).

C’est l’un des plus gros sujets de Loire-Atlantique, mais pas le plus haut.

 

Sa circonférence à un mètre du sol était de 6,30mètres, en 1990, elle est de 7,55m en 2014, sa hauteur est de 28 mètres.

Ce séquoia a donc gagné 1,25 m de circonférence en 22 ans.

Comme c'est une espèce qui aime bien l'eau, il se plaît bien là à proximité du puits de l'ancien presbytère.

 

Autre exemple : le séquoia du Parc de la Fleuriaye a eu une histoire similaire.

Il a aujourd’hui plus de 150 ans. Autrefois graine dans une forêt de montagne sur la côte ouest des Etats-Unis, il a été exporté vers la France dans un navire appartenant à un armateur nantais qui commerçait vers les colonies françaises.

Son propriétaire, un riche châtelain l’a acheté à l’armateur pour créer un parc à la hauteur de son statut social, aménagé avec des arbres du monde entier.

Il s’est bien adapté au climat et dépasse en taille tous les arbres européens, dominant ainsi le paysage.

 

Le séquoia sert parfois de repère et dépasse le clocher de certains bourgs (comme celui de Puceul).

 

Les premières graines de séquoias géants sont arrivées en France en 1851. Seuls les riches propriétaires pouvaient les acheter car elles étaient très rares.

Le fait de posséder un arbre, provenant d’un pays lointain, était un signe de distinction et de richesse.

Certains châtelains réalisaient de véritables collections d’arbres exotiques. La mise en scène du parc était particulièrement soignée.

 

D'autres séquoias ont été plantés à Puceul, plus récemment, mais avant 1900, à la date de la construction de la Maison Bourgeoise appelée "Bricaud" du nom de ses anciens propriétaires.

Cette maison est située à la sortie du bourg de Puceul sur la route d'Abbaretz.

Dans le parc de cette ancienne maison bourgeoise, il y en avait deux, plus jeunes donc, et l'un d'entre-eux est mort il y a une quinzaine d'années d'une maladie cryptogamique, maladie causée à une plante par un champignon ou un autre organisme filamenteux.

 

A Nozay dans le parc de l'ancienne école de Grandjouan, un séquoia a été planté en 1865, on fêtera donc ses cent cinquante ans en 2015.

Le Logis de la bibliothèque : un témoignage des maisons de caractère du XVIe siècle en pierre bleue.

4 Manoirs et maisons de caractère en pierre bleue

 

La pierre de Nozay, un schiste exceptionnel

 

Le terme « schiste » dérive du grec « skhistos »signifiant « que l’on peut fendre ».

Dans la péninsule armoricaine, les schistes appartiennent pratiquement à toutes les périodes de sa longue histoire géologique depuis les temps précambriens jusqu’à la fin de l’ère primaire.

 

Le schiste de Nozay, connu dans le terroir sous le nom de « pierre bleue », provient de la transformation des argiles due à l’élévation de la température et à l’augmentation des pressions. Les déformations issues de plissements ou rejeu de failles ont conduit à la genèse de multiples variétés. Le critère de la coloration est sans doute le plus frappant à Nozay : C'est une palette de gris bleutés.

 

Ce schiste ne se délite pas en feuilles mais en plaques épaisses. Il appartient à l’Ordovicien moyen comme les schistes d’Angers, mais, aux environs de Nozay, il perd son caractère ardoisier en passant à une roche massive.

 

Le long de cette bande schisteuse, la roche perce le sol, ça et là, formant des « grées ». Les carrières, toutes à ciel ouvert, s’échelonnent sur une dizaine de kilomètres autour de Nozay. Toutes les exploitations, à l’exception de celle de Coisbrac, sont aujourd’hui abandonnées.

 

L’Utilisation de la Pierre bleue

 

L’âge d’or de la pierre bleue est le XVIe siècle. Elle est alors à son apogée comme l’attestent : manoirs, hôtelleries, auberges, monuments religieux…

Jean de Laval, seigneur de Nozay, baron de Châteaubriant, à son retour des guerres d’Italie, embellit sa demeure seigneuriale (château de Châteaubriant) en lui apportant une touche « Renaissance italienne. ». Le schiste y est mis à l’honneur comme en témoignent les colonnes et pilastres des arcades ainsi que les marches des escaliers.

 

Au cours des siècles, la pierre bleue a connu de multiples usages.

Elle est omniprésente dans l’habitat (escaliers, linteaux, fenêtres à meneau, dallages au sol).

Se rattachant à l’habitat et à la vie rurale, l’on peut mentionner divers ouvrages en schiste (éviers, tables, auges, bacs, abreuvoirs, murettes, palis…), des constructions annexes (moulins, fours à pain, granges, écuries, lavoirs…)

 

Le logis de la bibliothèque en appareillage de schiste et aux baies caractéristiques du XVIe siècle s'apparente par sa construction aux demeures nobles que sont les manoirs

 

Le Manoir en Bretagne (Définitions)

 

À partir du Moyen Âge, la Bretagne se couvre de maisons nobles, les manoirs. Moins fortifiées que les châteaux, ces solides bâtisses sont aussi le centre de domaines agricoles plus ou moins importants. Aujourd'hui encore, le manoir demeure l'un des éléments les plus représentatifs de l'architecture bretonne.

 

Le manoir est à la fois un lieu de vie, de travail et de pouvoir. Il est la résidence d'une famille aristocratique. Avant de désigner une habitation, le manoir était d'ailleurs synonyme de terre noble. Il abrite aussi la domesticité. Les ouvriers agricoles et, parfois, le métayer chargé de diriger le domaine. Les gens du propriétaire sont en général logés dans les dépendances du manoir, ou dans des bâtiments extérieurs, notamment dans les « métairies ».

 

Le manoir se distingue de la ferme par l'ampleur des bâtiments, par la concentration de terres environnantes. Certains manoirs bretons comportent également des éléments défensifs : douves, échauguettes, murs d'enceinte… Plus que de pouvoir résister à un long siège, il s'agit surtout de dissuader des maraudeurs. Ces éléments défensifs sont parfois de nature ostentatoire. Il s'agit de rappeler la fonction militaire de la noblesse

 

Développement variable du manoir au fil des époques.

 

Le Manoir est emblématique de la Bretagne et témoigne de l’importance de la petite et moyenne noblesse dans la région. C’est au XVème et XVIème siècle que la plupart des manoirs sont sortis de terre, symboles de l’enrichissement d’un pays qui vivait alors son âge d’or.

 

L’architecture du Manoir est particulièrement représentative des goûts architecturaux de l’époque, alors en pleine transition entre le style gothique et le style renaissance bretonne. La mode architecturale évolue très vite au XVIème, sous l’influence de l’Italie et du Roi de France François 1er marié à Claude, fille de la duchesse Anne. La Bretagne suit le mouvement, tout en conservant sa spécificité architecturale. La Renaissance y est mêlée de style gothique

 

L’un des particularités du manoir breton réside dans son extraordinaire concentration dans la péninsule. Les spécialistes en recensent plus de douze mille, avec parfois entre quarante et soixante manoirs par communes. La noblesse bretonne du Moyen Âge et de l’ancien régime était en effet très nombreuse, bien plus que dans le royaume de France. Parfois, seul la possession d’un modeste manoir permettait d’ailleurs d’en distinguer les membres du reste du peuple. Le nombre des manoirs bretons et la richesse de leur architecture illustrent aussi la prospérité de la péninsule qui, contrairement à certaines idées reçues, se trouvait alors au cœur des grands axes commerciaux de l’époque

 

Mais peu à peu, le manoir devient la propriété de notables et de marchands, notamment dans les régions de productions de toiles. Un phénomène qui s’accentue avec le déclin de la petite noblesse rurale à partir du XVIIe siècle.

 

 Sources diverses et notamment : http://www.ablogjeanfloch.com/article-xve-xviie-l-age-d-or-du-manoir-breton-42297043.html

 

Puceul : site aménagé de la Fontaine St Clair

5 Fontaine St Clair

 

Historique de la Fontaine

 

Les Fontaines étaient souvent à l’origine de l’installation des premières communautés (St Pierre à Nozay) (St Clair à Puceul).

 Puceol (nom de Puceul au XIIIe siècle)est la transcription de Puteolum en latin (qui signifie Petit Puits).

 

Selon la tradition, St Clair, le premier évêque de Nantes serait venu voir la fontaine au IIIe siècle.

 St Clair, en venant boire à la fontaine, aurait laissé, au cœur de la pierre, l’empreinte du sabot de son cheval.

 L’ancien site d’un culte druidique, l’eau de la fontaine étant réputée pour guérir certaines maladies des yeux, a été christianisé sous le vocable de St Clair.

 

Qui était St Clair ? :

 

On le qualifie souvent de premier évêque de Nantes, il vivait vers 280 sous l’empereur Probus.

 Il a établi son siège à Nantes et a fait bâtir un oratoire (dont la cathédrale actuelle occupe l’emplacement) pour y déposer une relique :  le clou qui perça la main de St Pierre (Croix  de St Pierre).

 La précieuse relique était abritée dans cet oratoire dédié à St Pierre et St Paul.

 

St Clair est ensuite parti évangéliser les contrées qui sont devenues les diocèses de Vannes et de Rennes.

 La tradition veut que St Clair meurt à Réguiny (canton de Rohan, arrondissement de Pontivy).

 L’église de Réguiny contient son tombeau composé notamment d’une pierre plate ornée d’un bas-relief représentant le saint en costume d’évêque avec la mitre et la crosse.

 

La fontaine des temps modernes.

 

La fontaine actuelle date du XIXe siècle, elle est située route de la Bourdinière dans une rue à sens unique.

 La Statue de St Clair est dressée au dessus de la fontaine sur un monticule de pierres.

 

Des processions ont persisté jusque dans les années 1980. On venait s’y laver les yeux et le visage et on y amenait les enfants qui présentaient un retard à marcher.

 Les villageois lors des processions partaient de l’église St Martin, précédés des croix et des bannières.

 Avant le retour à l’église le prêtre prononçait son homélie du haut du monticule surplombant la fontaine.

 

Aujourd’hui les processions ont disparu, mais dans le jardin d’herbes médicinales, derrière la source sacrée, on retrouve la mémoire des plantes et l’énergie des cultes anciens.

Manoir de la Savinaie : XVIe, XVIIe, XIXe siècles.

7 Manoir de la Savinais (Puceul)

Eléments sur le manoir de la Savinais tirés de sources diverses :

 

le manoir de La Savinaie ou Savinaye (XVI-XVIII-XIXème siècle). Ancienne dépendance de la châtellenie de Nozay. Propriété de la famille Du Matz, héritiers des marquis de L'Estourbeillon, alliés à la famille La Neufville. En 1776, Catherine du Matz de La Savinaye est marraine d'une cloche de la vieille église paroissiale, alors que le parrain est l'écuyer Louis Pigeaud de La Bellière. Il ne subsiste de l'ancien édifice, qu'une tourelle quadrangulaire du XVIIème siècle. L'ensemble est restauré au XIXème siècle.

http://www.infobretagne.com/puceul.htm

 

 Le territoire de Puceul appartenait jadis à la châtellenie de Nozay (propriété successive des familles Le Boeuf, Rieux, Laval, Montmorency et des princes de Condé). Le sire de Nozay levait un droit de coutumes sur les marchandises passant en Abbaretz, Tréffieux et Puceul. Plusieurs petites seigneuries dont La Bellière, La Savinaie et Bohallard avec droit de moyenne justice occupaient jadis le territoire de Puceul et dépendaient de la châtellenie de Nozay.

  http://www.infobretagne.com/puceul.ht

 

Dès le Moyen Age, en Bretagne, les seigneurs d’importance avaient le droit plein et complet de rendre la justice, haute et basse, civile et criminelle, à tous les hommes vivant sur leurs terres. Le droit de justice était un droit rattaché au fief.  Si à l’origine le seigneur pouvait tenir en personne sa cour de justice avec ses vassaux, bien vite celui-ci se trouva empêché de la tenir et les multiples chicanes l’ennuyèrent au point qu’il désigna un officier judiciaire que l’on appela un Sénéchal. 

Il existait des hautes, moyennes et basses justices. La distinction entre la compétence de chacune est généralement peu nette. Bertrand d’Argentré définissait: pour les basses justices une compétence féodale, une compétence civile étendue et quelques attributions administratives ou de police; pour les moyennes justices, il reconnaît en outre une certaine compétence au criminel, une juridiction de police plus large et une juridiction gracieuse. Enfin il réserve aux hautes justices: « Le droit de bannies et d’appropriement, la puissance de mort et connaissance des délits qui l’emporte; le droit de confiscation et d’épaves. »

 http://eric.havel.free.fr/juridiction/juridictionAR.htm

 

  

Les degrés des justices seigneuriales

Le droit de justice était inhérent a la terre et tenait une place importante dans l’organisation féodale. Il s’établit ainsi trois degrés sous le nom de haute, moyenne et basse justice.

Le Seigneur haut justicier avait haute, moyenne et basse justice. La Haute Justice connaissait tous les crimes commis dans son fief, sauf cas royaux. Il devait avoir des juges, des prisons et faire élever des piloris, carcans et fourches patibulaires.

Le Moyen Justicier avait connaissance de toutes les causes civiles. En matière criminelle, sa compétence variait. Les amendes ne pouvaient dépasser 60 sols.

 LES JUSTICES SEIGNEURIALES AU PAYS DE RETZ (1

http://www.shpr.fr/?L-organisation-de-la-justice-avant

 

 

 Les seigneurs de la Savinaie :

 

Extrait de La Revue Historique de l'Ouest, année 13 (1897 - Documents)

 

L’Estourbeillon (de)

D’argent au griffon de sable, armé et lampassé de gueules.

 

Arrêt de maintenue de noblesse en faveur de Pierre de l’Estourbeillon et ses descendants.

21 novembre 1668.

Autre contract de Mariage dudit messire Pierre de Lestourbeillon, chevalier, seigneur de la Savinays, de la Motte-Alleman et du Bois-Joubert, avec damoizelle Janne Fournier, fille de deffunct escuyer Claude Fournier, et de damoiselle Catherine Baudouin, vivants sieur et dame de la Garenne, du 14 février 1665.

 

Acte de transaction et partage fait entre noble escuyer Pierre de Lestourbeillon, seigneur de la Savinays, fils aisné héritier principal et noble d’escuyer Bertrand de Lestourbeillon, vivant seigneur de la Hunaudière et de feue dame Perronnelle Loaisel, vivante, sa compagne, d’une part, et noble escuyer Jean de Montmorency, seigneur de la Neuville, mari et procureur de droit de dame Henriette de Lestourbeillon, sa compagne, et noble escuyer René de Saint-Aubin, seigneur du Butay, escuyer, mary et procureur de droit de dame Julienne de Lestourbeillon, sa compagne ; lesdites dames, soeurs juveigneurs puisnées dudict seigneur de la Savinays, du 24 avril 1637. 

 

Arrest de la Cour rendu entre Messire Jean Halgan, prestre, vicaire de Montouër, appellant demandeur et deffandeur contre ledict Pierre de Lestourbeillon escuier et damoiselle Louise du Masle sa femme, sieur et dame de la Savinays, deffendeurs et demandeurs, le 19 janvier 1660, par lequel la Cour, entre autre choses, auroit maintenu ledict de Lestourbeillon dans la qualitté de noble et d’escuier, avec deffences audict Halgan et à tous autres de l’y troubler par lespeines qui eschéent et condamnoit ledict Halgan, pour son indue vexation envers ledict Lestourbeillon, en l’amende de trente livres et aux dépens. 

Un exécutoire desdictes depens décerné audict de Lestourbeillon à l’encontre dudict Halgan le 17 mars 1660. 

Contract de Mariage d’escuyer Bertrand de L’Estourbeillon, sieur de la Hunaudière, de la Savinays, la Hubertière et autres lieux, avecq damoiselle Perronnelle Loaisel, fille de noble homme Jan Loizel, sieur de la Motte, le 18 janvier 1623. 

http://www.tudchentil.org/IMG/pdf/Estourbeillon_de_l_-2.pdf

 

Arbre généalogique dudict de L’Estourbeillon

, par lequel il articule : que ledict Pierre de L’Estourbeillon, sieur de la Savinays en Peuseul [1], de la Motte-Allement et du Bois-Joubert, est fils aisné, héritier principal et noble d’escuyer Bertrand de L’Estourbeillon et de damoiselle Peronnelle Loisel, sieur et dame de la Hunaudière ;

ledict Bertrand estoit fils d’écuyer Jacques de L’Estourbeillon et de damoiselle Anne de Cardel [2], sieur et dame de la Hunaudière ;

ledict Jacques estoit fils d’escuyer Joachim de l’Estourbeillon et de damoizelle Françoise Haloret, sieur et dame de la Hunaudière ;

ledict Joachim estoit fils d’escuyer Bonnabes de l’Estourbeillon et de damoizelle Jeanne du Pelineuc, sieur et dame de la Heschère [3] et du Bas-Brin ;

ledict Bonnabes estoit fils d’escuyer Charles de L’Estourbeillon et de damoizelle Françoise de la Beschère, sieur et dame de la Beschère et du Haut et Bas-Brin,

lequel Charles estoit fils d’escuyer François de L’Estourbeillon, sieur du Hault et Bas-Brin ;

lequel François estoit fils de Pierre de L’Estourbeillon, seigneur dudict lieu et du Hault et Bas-Brin.

[1] Puceul.

[2] Kerduel.

[3] NdT : pour Beschère.

http://www.tudchentil.org/spip.php?article183

 

 Pour voir des illustrations concernant l'architecture, les manoirs et les maisons de caractère de la commune de Puceul voir : http://www.didierteffo.fr/246515937