Torque du château du Bé Nozay Minerai étain antique

Présentation du collier visible au Musée Dobrée à Nantes.

 

Ce collier en or, argent et cuivre est constitué d'une tige massive de section carrée et torsadée,il s'effile vers les extrémités et se termine par des fermoirs en forme de simples crochets obtenus par martelage.

Il mesure 14,5 cm de hauteur sur 16 cm de largeur et sa section varie de 3,4 mm à 3,6 mm. Son poids est d’à peine 107 grammes.

Ce torque appartenait à la collection privée Fortuné Parenteau cédée en 1882 au musée archéologique de Nantes.

Il a été découvert en 1878, accompagné d'une arme en fer, sur les terres du Château du Bé à 2 km avant d'arriver à Abbaretz sur la route de Nozay (Loire-Atlantique), au fond des douves du site du Château du Bé,sur un ancien site de gisement d'étain.

Fabrication du collier

Le travail du métal en torsade est caractéristique de l’âge du bronze moyen et final, vers 1200-1000 avant JC, à l’image d’un des cinq bijoux en or exhumés à Guînes (Pas de Calais), dont la forme et le décor ont permis de le situer chronologiquement dans cette période. Il s’agit d’une triple torsade pesant plus de 2,5 kg d’or

.Pour fabriquer ces bijoux, les orfèvres recouraient à des techniques complexes et variées. Les torques et les bracelets sont fabriqués par déformation plastique à partir d’un lingot d’or coulé en forme de tige.

La forme est obtenue par martelage en travaillant au feu, pour que le métal reste malléable et évite de casser.

Métallurgie de l’âge du Bronze. 

La société de l’âge du bronze s’est hiérarchisée avec l’apparition de la métallurgie, source de richesse mais aussi de rivalités entre les puissants aristocrates qui contrôlent le commerce des minerais.

Cette lutte pour la suprématie sociale et économique a certainement engendré la production de belles parures. L’or qui a servi à la production de celles-ci a une origine incertaine , mais peut-être des rivières de la côte atlantique, des îles Britanniques à l’Espagne, particulièrement riches en or à cette époque.

C’est également par cette côte que passait l’une des principales routes de l’étain, matière première rare nécessaire à la fabrication du bronze et dont la production majeure était localisée en Cornouailles, dans le sud-ouest de l’Angleterre, et en Bretagne.

Les découvertes d’objets en or.

Au début de l'âge du bronze (1900-1500 avant JC), l'usage de l'or se répand et se diversifie. Il est utilisé pour les parures comme les lunules, les torques et les bracelets.

On retrouve l'or dans les sépultures mais aussi dans des dépôts, associé aux objets en bronze, il commence à apparaître dans les sépultures individuelles à l'Ouest, dans les nombreuses tombes dites "des princes armoricains", il devient un signe de richesse.

Mais la quantité d'or connue, datée de l'âge du bronze ancien, ne dépasse pas 5 Kg.

Au Bronze moyen (1500-1200 avant JC), l'usage de l'or se répand et se diversifie encore, à cette époque la présence de bijoux en or atteint son apogée, à la fois dans les sépultures collectives, individuelles et dans les dépôts.

Les objets connus datés du bronze moyen représentent plus de 18 kilogrammes d'or, dont 12 Kg pour la seule région de l'Ouest.

 

Au Bronze final (1200-800 av JC), l'or est de plus en plus fréquent dans les sépultures de l'Est, généralement individuelles et féminines.

Il s'agit plutôt d'éléments de parures légers de dimensions parfois importantes et de petits bijoux:

A l'Ouest on a surtout découvert l'or dans des dépôts composés de grands bijoux et d'or de stockage, sous forme de petits lingots, barres, petites tôles, fils et rubans.

On connaît pour cette période environ 5 Kg d'or.

Qu’est-ce qu’un torque?

Le mot vient du latin torques, dérivé de torqueo (tordre), en raison de la forme du collier.

A l’âge du fer (800 à 400 avant JC), ce Bijou est typique de la civilisation celtique, le torque est un collier rigide généralement fait d’une tige en métal, bronze, or ou argent qui est rigide aux deux extrémités et terminées par deux tampons sphériques ou deux boules.

Il a été dit par certains auteurs que le torque était un ornement pour les femmes jusqu'au IVe siècle av. J.-C., quand il est devenu un attribut de guerriers.

La Princesse de Vix (Côte d’Or) dont la tombe à char livra un important mobilier funéraire (dont la pièce maîtresse est un cratère à volutes en bronze d'une contenance de 1 100 litres, le plus grand que l’Antiquité nous a légué, sans doute sorti d’un atelier corinthien grec d’Italie du Sud vers 525 av.) portait à la nuque un torque en or fin (480 g), travail unique, d’un orfèvre initié aux techniques méditerranéennes.

Le torque est signe de noblesse et d'un statut social élevé : une décoration accordée à des guerriers en récompense de leurs faits d'armes, ainsi qu'un attribut divin.

Le torque symbolise l'autorité et la richesse.

D’abord porté; par les Celtes, le torque est par la suite adopté par les Romains.

Le lieu de la découverte du torque du Bé.

Le torque en or fut découvert en 1878 par un fermier qui ne voulut jamais révéler l’endroit exact de sa trouvaille et  se contenta d’indique vaguement le pied du château de terre du Bé.

Le Château du Bé est une butte de terre de 45 mètres de diamètre qui culmine à 43,50 mètres au dessus d’un terrain situé lui à 40 mètres d’altitude.

Cette butte est en forme de cratère entourée de talus de trois mètres, cernée par des fossés d’un à deux mètres de profondeur.

Il ne s’agit ni d’une motte féodale, ni d’un tumulus et la présence de combustible (charbon de bois) au sein de la structure indique une destination métallurgique bien qu’aucun indice certain ne nous permette de savoir s’il s’agissait d’une métallurgie de l’étain ou du fer.

Pourtant cette butte, comme celle du Bois-Vert autrefois située sur le site de l’actuelle mine d’étain d’Abbaretz, est dans l’axe d’une des portions les plus riches des filons où l’exploitation ancienne du minerai d’étain (voir carte page illustration 2) a atteint ses plus grandes dimensions en largeur et en profondeur.

Ces buttes pourraient être liées avec l’exploitation de la cassitérite et serait en quelque sorte des magasins fortifiés en même temps que des miradors permettant de surveiller à la fois les alentours et la mine.

Une autre hypothèse est soutenue : d’abord magasins fortifiés et peut-être habitat de mineurs, ces buttes ont pu  être employées à d’autres usages industriels d’abord, puis de siècles en siècles militaires; chaque occupation ayant pu détruire les traces de la précédente.

Les spécialistes s'accordent généralement pour voir dans le torque du Bé, un bijou de chef datant du bronze moyen.

Mais cette présence sur les lieux même d'une exploitation antique de cassitérite peut cependant être fortuite, d’autant que le torque a été découvert au fond des douves accompagné d'une arme en fer.

Texte extrait ou rédigé à partir des documents suivants :

Sur le Torque du Bé :                         http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/joconde_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=APTN&VALUE_98=1903%20pl&DOM=All%7C&REL_SPECIFIC=3

Torque : http://www.lankaart.org/article-bijoux-age-du-fer-64518398.html

Princesse de Vix : https://fr.wikipedia.org/wiki/Crat%C3%A8re_de_Vix

Fabrication du collier : http://www.panoramadelart.com/Le-depot-d-or-de-Guines

Découverte d’objets en or : http://www.orpaillage.fr/histoire/prehistoire.html

Lieu de découverte :

L'exploitation ancienne de cassitérite d'Abbaretz-Nozay (Loire-Inférieure). Contribution aux problèmes de l'étain antique [article]

Cl. Champaud Annales de Bretagne Année 1957 Volume 64 Numéro 1 pp. 46-96

http://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1957_num_64_1_2017