La « Levée de Saumur » ou Voie romaine Vannes-Angers

Une première indication de la présence d’une voie romaine à Puceul nous est donnée dans le tome 19 de 1880 du Bulletin Archéologique de Nantes et de la Loire-Inférieure, à la page 164, dont le Dictionnaire Archéologique de la Loire-inférieure de Pitre de Lisle (secrétaire général de la société archéologique de la Loire-Inférieure) indique pour la commune de Puceul, à la période romaine :

 

« Une voie romaine connue dans le pays sous le nom de levée de Saumur, traverse le territoire de Puceul, à 1500 m environ au sud du bourg; je l’ai suivie entre la route de Saffré et les nouvelles constructions du Tertre. Sur le chemin du Rôs qu’elle traverse, elle forme un bourrelet pierreux que le passage des charrettes n’a pu détruire; de ce point, elle se dirige à l’ouest vers le moulin de la Rouaudière en servant de chemin sur une partie de ce parcours.

 

On parle d’un trésor caché sous les grosses pierres de cette voie et contenant près d’une barrique d’argent renfermée dans un vase entouré de cercles d’argent. A l’est, la levée se dirige vers le Pont de pierre où elle est encore assez visible ».

 

Cette voie est également mentionnée dans le livre de Léon Maître, "Les Villes disparues de la Loire-Inférieure", ouvrage publié à Nantes en 1886, lequel nous a laissé une carte schématique des voies romaines sortant de Blain : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k141550p/f360

Notes extraites de l'ouvrage "Au Pays de Namnètes" de Francis LEGOUAIS , Marcel Buffé éditeur 1970

Bien vite Rome comprit que la construction d’un réseau routier était le premier objectif à atteindre, tant pour assurer la sécurité des armées romaines ayant à se déplacer d’un point à un autre, que pour favoriser la prospérité du pays conquis.

Les travaux de voirie durèrent plus de 2 siècles et les empierrements des voies étaient si solides que, dans la région blinoise, on les retrouve intacts au XIVe siècle et que Louis Bizeul put encore en reconnaître de beaux tronçons vers 1836.

On sait que les voies romaines ont la réputation d’être rectilignes. Elles utilisèrent les anciens tracés des voies et chemins celtiques mais en les rectifiant.

C’est ainsi que l’itinéraire de la vieille voie celtique servit de tracé à la voie impériale Angers-Vannes qui traverse le canton de Blain d’est en ouest.

Il s’agit évidemment de la même voie, car à l’est comme à l’ouest, la voie a la même largeur de chaussée, le même empierrement, la même importance de l’agger.

Les voies moins importantes étaient moins larges, avec un agger plus étroit, un empierrement moins solide. C’est le cas des autres voies romaines qui se croisent dans le canton.

Un important réseau routier couvrit ainsi le territoire des Namnètes.

Les patientes recherches de l’archéologue blinois Louis Bizeul (1785-1861) ont permis de retrouver sept voies romaines. On doit beaucoup à ce savant, même s’il a erré, mu par une idée préconçue, il est en pleine activité en 1836 et il a vu démolir ces vieilles voies.

On peut résumer les 10 voies (7 voies de Louis Bizeul et 3 qu’il n’a pas connu) à deux axes principaux, l’un venant du sud, l’autre venant de l’est et se dirigeant vers l’ouest, (voir carte page suivante)

Axe Est-Ouest

6) Blain-Angers

Sur la lande de Caragan, Bizeul a pu mesurer sa largeur qui n’était pas moins de 20 mètres avec les accotements. Cette largeur la place dans la catégorie des voies consulaires ou impériales, et cette largeur se voit uniquement sur la voie qui conduit de l’Anjou à la mer : Angers-Vannes.

« Les Villes disparues de Loire-inférieure » Léon Maître 1886

Chapitre VIII Les Voies romaines rayonnent autour de Blain pp 332, 333, 334

Ce chapitre est d’autant plus facile à rédiger que M Bizeul s’est chargé de répondre quand il était facile de suivre la direction des voies romaines.

Ce chercheur intrépide vivait au commencement de ce siècle, il était en pleine activité vers 1830, c’est-à-dire avant le défrichement des incommensurables landes qui se partageaient avec les forêts la plus grande partie  de la superficie de notre département, au nord ;

Il a donc assisté à la démolition des chaussées, il a vu les défricheurs enlever les pierres du sol, les agents voyers, en 1836, briser les vieux pavages pour les remplacer par de nouveaux empierrements.

Personne ne pouvait nous renseigner avec plus d’exactitude.

Notes extraites de l'ouvrage "Au Pays de Namnètes" de Francis LEGOUAIS , Marcel Buffé éditeur 1970

Voie de Blain à Candé , …

… Sur la lande de Clangaran, elle fait séparation entre les paroisses de Vay et de Puceul, et se voyait si distinctement il y a 50 ans, que M. Bizeul a pu mesurer sa largeur, qui n’était pas moindre de 12 m dans l’empierrement, et de 20 m , avec les accotements entre les contrefossés, largeur exceptionnelle qui la classe dans la catégorie des voies militaires, dites consulaires ou impériales, et qui se retrouve uniquement sur la voie de Blain à Port-Navalo par St Gildas-des-Bois et Férel.

Notre voie passe ensuite entre le Fayel et l’Hôtel-Ferrant, traverse l’extrémité du Bois Allard, coupe la grande Route de Nantes, Passe à la Ménerais de Puceul, traverse le village d’Augrain en Saffré, franchit la rivière d’Isac à 5 ou 600 mètres au nord du bourg de Saffré, entre dans la forêt et se montre très apparente sur la lande voisine du Grand-Moulin, passe au nord du village de la Haie de Tilly, et dans la lande où fut érigée la chapelle de Notre Dame des Langueurs, coupe la grand route et arrive à l’étang du Pas au Chevreuil.

Autres extraits de la partie « Voie romaine de Blain à Angers » p 103-120 dans ..

« Des Voies romaines sortant de Blain (Loire-Inférieure) » par Louis Bizeul

Les landes du Foué, ces landes immenses, où se trouvent les limites communes des paroisses de Vay, Blain et Puceul sont traversées par la voie dans la majeure partie de leur largeur.

Aussi y est-elle fort connue sous le nom de La chaussée du foué . C’est ainsi qu’elle est indiquée dans un titre d’afféagement de 1679, où elle est prise pour débornement du terrain afféagé.

C’est dans les mêmes landes, un peu au-delà de la Relandière, que la voie commence une longue courbe qui la porte à peu près à l’est, direction qu’elle a conservée dans tout le parcours où je l’ai suivie. Le chemin rural dont j’ai parlé, continue sur la voie pendant au moins trois quart de lieue et prend près de la fontaine Preslan une autre direction.

Là, la voie traverse quelques enclos, et en en sortant, elle se développe sur la lande de Clan-Garan, dans laquelle elle sert de limite entre les paroisses de Vay et Puceul. J’ai pu dans cette lande où la voie a conservé sa forme première m’assurer qu’entre ses contre-fossés, elle n’a pas moins de 70 à 80 pieds de largeur, sur lesquels l’agger en prend de 36 à 40, ce qui fait une notable différence avec les autres voies que j’ai observées, dont l’agger n’a guère plus de 20 à 25 pieds.

Cette grande largeur que je n’ai trouvée que sur la voie de Blain à Port-Navalo (voir ma notice sur les voies romaines du Morbihan 1841 p 83), m’a fait croire que cette voie et celle dont je m’occupe, étaient la continuation l’une de l’autre, et que cette ligne allant d’un port de la Bretagne armorique vers Angers, devait former une de ces grandes voies militaires dites viae consulares ou imperiales qu’il est surprenant de ne retrouver ni dans l’itinéraire d’Antonin, ni dans la carte de Peutinger.

Ce qui m’a fait croire que la voie, depuis la fontaine Preslan, servait de limites aux communes de Vay et de Puceul, c’est qu’elle va passer en sortant de la lande de Clan-Garan, entre les villages du Fayet ou Foyet en Vay et l’Hôtel-Ferrant en Puceul.

Elle ne laisse le Fayet qu’à quelques centaines de mètres au nord puis traverse le bout septentrional du bois de Bot-Allard, et coupe aussitôt la grande route de Nantes à Rennes, à peu près à angle droit.

Aussitôt après ce croisement la voie arrive au village de la Menerais en Puceul, puis va passer au midi et à une demi lieue de ce bourg, près d’un moulin à vent qui n’est pas marqué sur la carte de Cassini, et après avoir servi de chemin rural pendant encore un quart de lieue, elle entre dans un pré puis dans la gagnerie de la Sensive qui touche le village d’Augrain, en la commune de Saffré.

Elle traverse ce village et deux ruisseaux qui s’y réunissent, monte au village de la Broussauderie, descend dans des prairies qui sont au dessous, et franchit la rivière d’Isar, à 5 ou 600 mètres du bourg de Saffré.

Après avoir traversé l’Isar, la voie va passer à peu de distance et au nord d’un moulin à vent nommé le Grand-Moulin, puis entre peu après dans la forêt de Saffré. Elle est très apparente sur la lande en deçà et au-delà de ce moulin.

En sortant de la forêt de Saffré, la voie va passer tout près et au nord du village de la Haye-de-Tilly et de la Chapelle de Notre dame des Langueurs, placée dans une lande et au point culminant où se séparent les eaux qui ,affluent dans l’Isac et celles qui se rendent dans l’Erdre.    Sources : ….

« Des Voies romaines sortant de Blain (Loire-Inférieure) »,Louis Bizeul, Nantes

1845, 185 p.    Extraits de « Voie romaine de Blain à Angers » p 103-120

Identifiant : ark:/12148/bpt6k8524167  Source : Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-L6-2

Une voie romaine en parfait état.   Gabriel Simon /13 février 2004/Le Télégramme 

Une portion de la voie romaine Vannes-Blain a été mis au jour à Allaire (56).

 

C'est sans doute une nationale, voire une autoroute de l'époque, que les archéologues fouillent sur le chantier de construction de la quatre voies menée par le conseil général du Morbihan, entre Rieux et Questembert.

Les spécialistes de l'Inrap (Institut national de recherche archéologique de prévention) ont été requis par le Service régional d'archéologie de Bretagne pour expertiser le site.

Fouilles d'urgence Il se trouve que la future route passe à Allaire, sur le tracé de l'ancienne voie romaine Vannes-Blain.

Cette route, édifiée au I e r ou II e siècle de notre ère, reliait Darioritum (ancien nom de Vannes) à Duretia (Rieux), franchissait la Vilaine et filait vers la Loire-Atlantique.

L'état de conservation de la chaussée, a provoqué le ravissement des chercheurs : Bien drainée La structure apparaît presque dans sa conception originelle, avec sa bande de roulement arrondie pour assurer un bon drainage, solidement empierrée, avec aussi les larges accotements.

Le tout fait 24 à 30 mètres de largeur.

Compte tenu de l'emprise au sol, on peut conclure qu'il s'agissait d'un axe important, s'apparentant à une «autoroute» de l'époque.

«Une voie prioritaire pour la poste, le commerce»

Intégralité de l'article sur la voie romaine découverte à Allaire : http://www.letelegramme.fr/ar/viewarticle1024.php?aaaammjj=20040213&article=7538845&type=ar

cette voie prioritaire Vannes Rieux se prolongeait sans doute vers Blain et Candé et se retrouvait quasi identique dans la description de Bizeul de la voie Blain-Candé : voir plus haut.