Croix de chemin et calvaires de la commune de Puceul

Les Croix de Chemin sur Puceul (Généralités)

 

L'usage d'ériger des croix aux bords des chemins et aux carrefours des villes et villages est très ancien : les Romains encore païens érigeaient aux bords des chemins des colonnes et autres monuments votifs à l'honneur de leurs dieux.

Ces « lieux de culte » quadrillaient le territoire et étaient un rappel pour les populations. Ils étaient aussi une façon d’attirer les bonnes grâces des dieux et divinités ou pour conjurer le mauvais sort.

Au Moyen-Age, suite à l’évangélisation de notre territoire, ces « ex-voto » païens ont disparu et des croix et des calvaires ont été réalisés le long des chemins.

Ils se sont perpétués jusque dans les années 1950.

Acte collectif (souvenir d'une mission ou commémoration d'un événement), ou acte de piété individuel (vœu, disparition ou retour d'être cher, etc.), l'érection d'une croix pouvait aussi servir à matérialiser un chemin, le centre d'un village ou les limites de la paroisse.

La croix était, en outre, une halte privilégiée des processions marquant certaines fêtes patronales locales destinées à bénir les terres, accorder un temps favorable ou obtenir de bonnes récoltes.

Lors des rogations qui duraient 3 jours, une procession cheminait de calvaire en calvaire pour les biens de la terre (un jour pour le foin, un jour pour le blé, un jour pour le blé noir).

Dans notre commune, les plus anciennes sont de schiste gris-bleu. La date la plus ancienne retrouvée sur une croix est 1642.

Un christ archaïque est parfois naïvement représenté, il témoigne du travail des anciens carriers, alliant quelquefois la fibre artistique et le travail artisanal.

Ces croix sont dites « juliennes », en référence au pèlerinage très fréquenté de St Julien de Vouvantes.

Puis du milieu du XIXe siècle au début du XXe, les croix de schiste sont régulièrement et largement pattées, spécificité du Pays de Châteaubriant.

 

Ces croix sont issues de l’imbrication de la croix latine en relief et de la croix pattée en retrait (voir dessin de Jules Aubry ci-contre) On en recense plus de 130 dans un rayon de 50km (On en trouve 3 exemplaires dans le cimetière de Puceul).

Dans la commune de Puceul, lors du recensement effectué il y a déjà quelques années, on dénombrait une vingtaine de croix au total pour une superficie de 2000 hectares.

Si l’on conserve ce chiffre de 1 croix pour 100 hectares de surface dans la région de Châteaubriant, on obtient un total de 2000 croix pour l’ensemble de l’arrondissement de Châteaubriant qui semble en accord avec la réalité (A saffré par exemple on dénombre environ 60 croix pour 5700ha).

Une 1ère étape de repérage sur le terrain a été réalisée, il y a quelques années par la commission Patrimoine de la Municipalité d’alors. Un tour de la commune pour repérer les calvaires, les croix, a été réalisé.

Nous devons également  nous intéresser à ceux qui ont disparu. Des photos ont été prises et des fiches "ouvertes"

Une 2ème étape de constitution de fiches techniques doit être effectuée

Sur place seront relevés les dimensions, la nature des matériaux, les inscriptions, les particularités du monument et l'état de ce petit patrimoine ainsi qu'éventuellement les éléments manquants. Ceci permettra de remplir les fiches techniques.

La 3ème étape comprendra des recherches historiques

On doit rechercher l'histoire de ce patrimoine aux archives communales, départementales, diocésaines, à partir d'ouvrages d'histoire locale et prendre contact avec les personnes "mémoire" et par tout autre moyen... (ce n'est pas limitatif !) et en faire une synthèse

Gilbert Massard, ancien président de l'association Saint-Patern, créée en 1992, qui s'est donnée pour objectif la sauvegarde du petit patrimoine religieux en pays de la Mée, pourra peut-être nous éclairer sur l’histoire de ces croix.

Aménagement du texte : Didier TEFFO d’après : ...

http://www.omignon.fr/Calvaires/histoire_des_calvaires.htm

http://www.patrimoine.paysdelaloire.fr/inventaire-du-patrimoine/?

http://grand-auverne.a3w.fr/DetailElement.aspx?

http://www.calvairescroixoise.fr/nosdossiers.html

www.tourisme-derval.fr/modules.php?

http://www.associations-patrimoine.org/fiche-associations-patrimoine.php?

« Marsac, Marsacais, Marsacaise que c’est? »  Jean Bapt Supiot 1988


La croix de Paradis située sur la commune de Puceul, à proximité de la route de La Rinais serait une croix dite « julienne », elle en a toutes les caractéristiques.

Elle est réalisée sur un socle de petit appareil de schiste recouvert d’une dalle de pierre de Nozay et possédant une niche.

Le fût mesure 2m60 de hauteur, il est de section carrée jusqu’à 0,80m, puis le reste et le croisillon sont octogonaux avec une section de 14 cm. Une inscription est située à l’avant du fut sur sept lignes difficilement déchiffrables, avec en dessous la date de 1642.

Sur le côté droit du fût, une autre inscription pourrait, d’après l’abbé Castel, spécialiste des croix en Bretagne, être de la même époque (XVIIe siècle) et serait l’identité du constructeur ou du commanditaire. Le croisillon restauré à l’aide d’une ferrure possède un christ de facture naïve très abimé avec les pieds reposant sur un suppédéum (représentation rare pour une croix de ce type).

On voit que conformément aux croix juliennes, qui sont des croix de schiste, constituées le plus souvent de deux parties de section octogonale, avec un fût d’une hauteur moyenne de 2m50, pouvant atteindre 4m, cette croix a été fragilisée et cerclée de ferrure, en raison du matériau et de son ancienneté.

La base du fût, qui est carrée, est elle-même ouvragée par des moulures et possède plusieurs inscriptions gravées.

Autre ressemblance avec les croix juliennes déjà recensées, 41 à ce jour,  qui possèdent, la plupart du temps, une représentation très sommaire d’un christ sculpté, avec souvent un simple ovale pour le visage, des bras démesurés et des mains évasées, des côtes saillantes, des jambes longues et raides, avec des pieds tout juste dégrossis, elle possède un large et épais titulus ( avec l’inscription INRI : Iesus Nazarenus Rex Iudaeorum : Jesus de Nazareth roi des juifs, mais parfois le titulus est muet en raison de l’ancienneté et de l’usure du temps ).

La simplicité de la représentation du christ s’explique par le fait qu’il s’agit de tailleurs de pierre, et non de sculpteurs comme l’on peut le voir sur les croix historiées ou sur les grands calvaires bretons.

La date indiquée sur la croix, 1642, plaide en la faveur d’une croix julienne car on n’a pas trouvé à ce jour, de croix datées postérieures à 1659 de ce genre, il ne semble pas non plus qu’aux XVIIIe et XIXe siècles des croix de ce type aient été fabriquées. On rencontre, comme ici à Puceul, quelques socles d’origine montés de belles pierres de schiste, avec une dalle monolithe parfois moulurée.

Texte rédigé à partir de notes établies par Gilbert Massard (St Patern)

 

  Ce modèle de croix, typique de notre région a fait l’objet d’une enquête menée par l’abbé Trochu, aumônier de la maison hospitalière de Riaillé, communiquée en 1985 et complétée par ses notes manuscrites déposées aux archives diocésaines de Nantes.

« Caractéristiques : Long fût assez mince, taillé parfois en une seule pièce de pierre d’ardoise, le plus souvent en deux pièces. Petit croisillon, simple ou orné au milieu duquel on voit le plus souvent un petit christ en relief ou simplement gravé.

C’était des croix placées au croisement des chemins principaux menant à St Julien-de-Vouvantes, lieu de pèlerinage très ancien et populaire. …

Dès le haut Moyen âge, il y avait là un pèlerinage, où l’on venait de tous les alentours (Bretagne, Anjou, Normandie)… Plus tard, en 1650 ou peut-être avant, un fait regardé comme un miracle attribué à l’intercession de St Julien, attira à Vouvantes, une affluence considérable de pèlerins bretons vannetais. Un convoi de galériens en route vers le port de Brest, s’arrêta à Vouvantes. L’un de ces condamnés demanda la protection de St Julien et aussitôt ses chaînes tombèrent et on ne put jamais les lui remettre. Il semble que le retentissement fut plus grand dans les paroisses situées entre la Vilaine et Vannes ou Auray, car ce sont eux qui organisèrent ces pèlerinages fleuves vers St Julien….

C’était une marche à pied de 120 km de moyenne pour des groupes de 1200 à 1500 bretons vannetais. Tout le long du parcours, il y avait des croix qui balisaient le chemin que l’on a ainsi nommées « Croix juliennes ».

Pendant les années de la Révolution, il y eut un abattage systématique de toutes les croix. En certains endroits, les croix furent démontées et cachées pour être relevées après 1800 et la pacification. Actuellement, on retrouve bien de ces croix, bien que le pèlerinage de St Julien ait été réduit à peu de choses. »