Thèse de Jean Renard 1975 campagnes nantaises

« Les évolutions contemporaine de la vie rurale dans la région nantaise » J.RENARD 1975

 

Notes extraites de cette thèse de Jean Renard pour mieux connaître le Paysage agraire de la région de Nozay

METAIRIES et VILLAGES      BOCAGE et CHAMPS OUVERTS

Le fait fondamental des campagnes de la région nantaise est la juxtaposition de deux organisations parcellaires et de deux types d’habitat.

Autour des villages rassemblant un nombre variable de maisons, ménages et d’exploitations agricoles on observe :

  • Des parcelles petites.
  • Une réduction des mailles du bocage.
  • Des champs aux dessins irréguliers.
  • Un lacis dense de chemins sans orientation privilégiée.

(Au nord de la Loire et à l’ouest de l’Erdre, les villages sont associés à des espaces déclos où l’organisation parcellaire prend l’aspect de lanières ordonnées et regroupées semble-t-il en quartiers : on parle de Gagneries.)

Autour des fermes isolées ou des petits groupes de fermes (2 ou 3 guère plus) on observe :

  • Une aération du bocage.
  • Des parcelles plus vastes.
  • Une domination des formes géométriques et souvent quadrangulaires.

Il y a une relation évidente entre le degré de parcellement et la taille des noyaux de peuplement.

Dans les bocages de la région nantaise, cette opposition répétée de deux types de parcellaires associée à la répartition des types d’habitat est en rapport étroit avec les aspects du relief.

Les villages se localisent, sauf exception, au contact des plateaux et des vallées, plus précisément à la partie haute des versants, à l’abri des brouillards de fond de vallon, c’est-à-dire au contact des terroirs différents et sur les pentes bien égouttées dont les sols se réchauffent plus vite.

Il y a également un rôle important de l’altitude relative au fond de vallée et de l’exposition dans la localisation des villages.

Les fermes isolées sont plus éclectiques dans leur localisation.

Elles occupent surtout les interfluves qui sont généralement des plateaux ondulés. Elles sont comme semées régulièrement au sein d’un bocage homogène et géométrique.

Souvent, elles entourent le parc d’un manoir et se situent au-delà des prairies du parc du château.

Il n’est pas rare de voir ces fermes isolées et leurs vastes parcelles se glisser comme des intruses entre les mailles serrées des finages de village.

L’extension de ces deux types de morphologie agraire est variable suivant les lieux.

Là où les rivières ont ciselé les plateaux et multiplié les croupes et les vallons, les villages et leur finage occupent presque partout l’espace. Seules quelques fermes isolées se tassent auprès des rares châteaux sur les interfluves.

C’est le cas à proximité des Vallées du Don et de l’Isac au Nord-ouest de la Loire-Atlantique.

Là où le bocage est d’une régularité parfaite, on décèle aisément l’emplacement d’anciennes landes défrichées très récemment au XIXe siècle (Plateaux entre Don et Vilaine).

L’analyse spatiale des différents types d’organisation des parcellaires est en rapport étroit avec la répartition de l’habitat et en liaison avec les suggestions du relief et des sols.

Une carte de localisation des villages au milieu du XIXe siècle illustre parfaitement ces liens.

Et même si un village a perdu depuis une grande partie de sa population ou même si la structure socio-professionnelle de celle-ci s’est transformée, le fait qu’en 1856, il y avait un grand nombre d’exploitations pèse encore sur la situation contemporaine, avec un morcellement inconsidéré du finage, une ampleur du Bâti et le paysage agraire associé.

La carte suivante illustre le propos appliqué aux environs de Nozay

 

Villages et Métairies dans la région de Nozay en 1856 (PINSON 1857)

« Les évolutions contemporaine de la vie rurale dans la région nantaise » J.RENARD 1975

PAYS et PAYSAGES de la Région Nantaise dans les années 1970

Les Plateaux au Nord de la Loire

On observe une lente désorganisation des enclos de l’est à l’ouest.

Au Nord-est de la Loire-Atlantique

Région dénommée « Bocages angevins » (d’Ancenis à Châteaubriant).

Les structures agraires sont d’apparence simple et les paysages homogènes. Le Bocage à larges mailles aux formes contournées domine.

La grande propriété est partout présente et les vastes domaines constitués d’un château et de plusieurs métairies expliquent l’allure aérée du bocage. C’est un prolongement de l’Anjou armoricain.

Les villages ne sont pas absents, mais leur présence est discrète et leur importance a beaucoup diminué depuis un siècle.

Ils étaient le refuge d’artisans et d’ouvriers des nombreuses forges qui ont depuis périclité.

Un Pays entre Erdre et Loire.

Dominance des labours, …, activités orientées vers la ville d’Ancenis.

Un Pays au Nord d’une ligne Nort/Erdre-St-Mars-la-Jaille

Relief plus vallonné. Succession de barres gréseuses couronnées de forêts entre lesquelles se glissent des vallées couvertes de prairies. Elevage pour la viande bovine (à partir de la race Maine-Anjou).

Région plus mayennaise par ses paysages et mentalités que ligérienne.

Au Nord-Ouest de la Loire-Atlantique : Les Plateaux boisés nantais. (du revers du Sillon de Bretagne à la Vilaine à l’ouest de l’axe de la route Nantes-Rennes). Ce choix d’un axe routier comme limite incertaine entre les Bocages angevins et la région nord-occidentale du Pays Nantais montre l’absence d’une vraie limite géographique et la réalité d’une lente transformation des paysages de l’est vers l’ouest.

Domination des plateaux, mais vallées relativement encaissées.

Opposition très nette entre les types d’habitat (Villages, Métairies) et le type de structures agraires associées.

Plateaux occupés par un bocage récent à large mailles géométriques (établi au XIXe siècle au détriment des landes qui couvraient parfois plus de la majorité des surfaces communales)

Dispersion des grosses métairies sur les plateaux.

Les villages s’alignent sur les versants des vallées qui mènent à l’Erdre ou à la Vilaine et sur l’extrême rebord des plateaux.

Systématiquement des groupes de champs ouverts (Gagneries) sont associés à la présence de ces villages, dont les finages occupent les terroirs variés du fond de la Vallée au plateau.

Ces petits Openfields qui forment, vers l’est, à la hauteur de Derval, Nort-sur-Erdre, Treillières, comme des îlots au sein du bocage, sont traditionnellement complantés de pommiers.

Ils prennent progressivement, vers l’ouest (St Gildas-des-bois, St Nicolas-de-Redon), une place de plus en plus grande et c’est alors le bocage à grandes mailles des métairies qui fait figure d’intrus, se réfugiant sur les anciennes landes.

L’organisation des finages liée à la disposition des éléments du relief et donc la diversité des terroirs explique la localisation des villages à gagneries.

On a pu y remarquer une organisation en quartiers et l’on a même pu parler de soles.

Les fonds de vallée et les terres basses sont le domaine des prairies permanentes.

Les plateaux étaient dans le cadre traditionnel qui a précédé leur embocagement le lieu de pacage des troupeaux.

 

Dans la région nantaise, l’équilibre réalisé entre les deux formes d’habitat et d’organisation parcellaire est variable selon les lieux.

Il y a souvent juxtaposition de réalités agraires très différentes au sein de la même unité administrative (commune)